COÛT DU TRAVAIL OU COÛT DU CAPITAL ?

vendredi 18 octobre 2013
par  PCF Drôme

Sur tous les tons et tous les médias, on nous rabâche qu’en France, le coût de travail serait trop élevé et plomberait la compétitivité des entreprises. A en croire tous les champions de la libre entreprise, il serait urgent de réduire nos dépenses de santé, d’augmenter la durée de cotisation donnant droit à la retraite que vient de voter une majorité à l’Assemblée nationale, baisser les pensions et minimas sociaux, accepter des salaires plus faibles, voter de nouvelles exonérations pour les entreprises, etc.
Pourtant ce qui pèse sur l’efficacité des entreprises, ce sont moins les cotisations sociales (158 milliards d’euros) que les charges financières qui sont prélevées sur elles ((299 Mds). Les charges financières, c’est-à-dire les dividendes versés aux actionnaires et les intérêts des emprunts bancaires. Ce qui pèse sur notre économie, c’est le coût du capital, pas le travail. Le Parti Communiste entend mener une campagne vérité sur le coût du capital.

Depuis 30 ans, 10% de la richesse créée est passée des poches des salariés à celles des patrons et des banquiers. Résultat : les salaires stagnent et la demande s’effondre, le récession et un chômage massif de 5 millions de chômeurs, soit 20% de la population active. Responsables au premier degré de cette situation les entreprises qui bénéficient pourtant d’allègement de charges sociales ( 30Mds en 2013) et d’exonérations fiscales. La pression fiscale est transférer sur les ménages. Pourtant, les entreprises profitent d’une main d’œuvre qualifiée et efficace (la productivité des salariés français est parmi la plus élevée du monde) et d’infrastructures publiques performantes.

Pression sur les salaires :

Les salaires ne sont pas un handicap pour la productivité. D’ailleurs le coût horaire du travail dans l’industrie est légèrement inférieur à celui de l’Allemagne : environ 33€ de l’heure.

Ce qui fait la différence, c’est la qualité des rapports banques-entreprises, la recherche développement, la formation, l’investissement dans l’appareil productif. En France, le problème est que les entreprises distribuent plus de 50% de leurs bénéfices aux actionnaires.

Pression sur les salariés :
Au nom de la rentabilité la pression sur les salariés provoque dépressions, maladies, voire suicides. Près de 700 000 accidents du travail chaque année dont plusieurs centaines de morts.

Chantage à l’emploi :
Les grands groupes n’hésitent pas à rayer de la carte des milliers d’emplois, provoquant la peur du lendemain chez les salariés pour les contraindre à l’impuissance.

Coût pour la planète :
Le pillage systématique des ressources naturelles, les délocalisations, la mondialisation en général sans règles des échanges commerciaux et des conséquences sociales et environnementales représentent un coût que personne ne met en avant. Et pourtant !

□ Paul Goyard