REFORME DES RETRAITES, QUELLES CONSEQUENCES POUR LES FEMMES

jeudi 26 septembre 2013
par  PCF Drôme

En 2011 la pension de retraite de droit direct des femmes ne représentait que 58% de celui des hommes *.

Ce n’est pas surprenant quand on se rappelle des réformes des retraites des 20 dernières années : allongement de la durée de cotisation pour avoir une retraite à taux plein , la décote qui pénalise les personnes qui ont eu une carrière courte et, dans le privé, le passage des 10 aux 25 dernières meilleures années dans le calcul de la pension.

En 2013, l’allongement proposé par le gouvernement de la durée de cotisations jusqu’à 43 ans va pénaliser plus particulièrement les femmes dont les carrières sont les plus courtes.

Si les femmes occupent 80% des emplois à temps partiel et ont des carrières plus courtes parce qu’elles élèvent des enfants, c’est bien sûr les femmes qui ont des petites retraites et par conséquence souffrent le plus de la pauvreté.

Avec d’autres associations féministes, Femmes solidaires fait des propositions pour améliorer les retraites des femmes Si les salaires et les taux d’activité des femmes étaient
égaux à ceux des hommes, il y aurait plus de cotisations retraites et les femmes toucheraient plus de pensions. S’il y avait une véritable réduction du temps de travail, il y aurait plus d’embauches et plus de cotisations retraite. S’il y avait un service public de la petite enfance, les femmes n’interrompraient pas leur carrière professionnelle, cotiseraient plus, auraient des carrières plus longues et ne se prendraient pas de la décote.

En ce qui concerne le temps partiel, les règles de validation du trimestre pénalisent les salariés qui combinent bas salaires et temps partiel - très largement les femmes !

La réforme permettrait de valider 1 trimestre par 150 heures SMIC de cotisation (11 heures hebdomadaire environ) au lieu de 200 (15 heures hebdomadaire) mais cela ne concerne que très peu de salarié-e-s : en 2011, 4,4% des femmes et 1,1% des hommes travaillaient moins de 15 heures par semaine.*

Ce qu’il faudrait : une sur cotisation patronale sur ces emplois à temps partiel, ce qui permettrait de majorer le montant de la pension.

Les propositions pour les familles vont dans le bon sens mais elles enferment les femmes dans leur rôle de mère. Elles compensent les inégalités de retraite sans agir sur la source : inégalités salariales, interruption d’activité pour s’occuper des enfants, etc.

Comme la majoration de 10% pour 3 enfants est calculée au prorata de la pension, les hommes touchent plus que les femmes. Cette majoration intervient dès le premier enfant mais elle est renvoyée à 2020

Ce qu’il faudrait : renforcer les droits directs d’une femme à une pension.
La maternité sera mieux prise en compte pour les femmes qui partent à la retraite au titre des « carrières longues », et pour celles qui ont connu de longs congés de maternité. Pourtant 6 trimestres est le maximum qui peut être validé pour des congés longs. En 2012 le gouvernement a ramené l’âge de la retraite pour une carrière longue à 60 ans.

Ce qu’il faudrait : inclure dans les trimestres validés les majorations de durée d’assurance attribuées au titre de l’éducation des enfants. Ramener à 60 ans à taux plein l’âge de toutes les retraites .

La réforme prévoit aussi de prendre en compte la pénibilité du travail : la pénibilité des métiers féminisés ne doit pas être oubliée.

Il ne faut pas oublier que ce n’est pas l’allongement de l’espérance de vie qui crée le déficit des retraites mais l’austérité, la crise du capitalisme financier comme le reconnaît le rapport Moreau. □ Femmes Solidaires

* chiffres INSEE