Retraites : États des lieux

lundi 8 juillet 2013
par  PCF Drôme

Une nouvelle réforme des retraites est proposée par le gouvernement. Elle avait été annoncée lors de la conférence sociale de juillet 2012.
Le gouvernement socialiste justifie cette nouvelle réforme du fait de la situation financière des divers régimes et la nécessité de rendre plus juste le système.

Depuis 1945 jusqu’aux années 80, les règles de constitution des droits et de revalorisation des pensions ont progressé de manière favorable et les retraités ont vu leur situation s’améliorer. Ainsi, la pauvreté a considérablement baissé dans la population des personnes de plus de 65 ans. (35 % en 70, 10 % fin des années 90).
Las, depuis les années 80, on assiste à une constante régression.
Les réformes de 1993, 2008, 2010, accords paritaires, lois de financement de la Sécurité sociale ont ainsi participé à une régression généralisée des droits à la retraite. Résultat : baisse relative du niveau de pension pour un même salaire et une même carrière. Les pensions liquidées sont revalorisées à un niveau inférieur au salaire moyen.

En regard de la réforme annoncée, les Français expriment à la fois une très vive inquiétude et une forte disponibilité à la mobilisation sociale selon un sondage CSA-L’Humanité. Plus de huit Français sur dix (83 %) se déclarent inquiets et même 35 % se disent très inquiets, notamment ceux de la tranche d’âge 25-49 ans et les femmes plus que les hommes (86 % contre 80 %).

Certes inquiets mais pas tétanisés ! Soixante dix huit pour cent (78 %) se disent prêts à se mobiliser pour défendre le niveau de leur retraite, en hausse de 20 points sur le printemps 2010. C’est un très net avertissement pour ceux qui se préparent à imposer ou à accompagner de nouveaux mauvais coups contre les droits à la retraite.

Pour les défenseurs d’un nouveau régime, « les retraités vivraient mieux que les actifs ».

Or la pension moyenne représente 74 % du salaire moyen net et 62 % du salaire moyen net à temps complet.
Deuxième argument de ces défenseurs : « la part des retraites dans les richesses créées va exploser d’ici 2060 ». La Commission européenne anticipe une augmentation de 0,5 % du PIB en 50 ans, alors qu’elle sera de 2,6 % en Allemagne, de 3,6 % aux Pays-Bas.
Troisième argument : « les réformes Fillon et Sarkozy ont été trop généreuses pour les salariés ». Non ! C’est en France que l’âge de la retraite a le plus reculé : 2,1 % contre 1,6 % pour l’ensemble de l’Union européenne et les futurs retraités toucheraient en 2060, 20 % de moins en moyenne que les retraités actuels rapportés à la richesse produite dans le pays.

Selon les mêmes défenseurs d’une nouvelle réforme : « il faudrait suivre l’exemple allemand ». Surtout pas ! Dans ce pays, le nombre de retraités en situation de pauvreté monétaire est de 40 % supérieur à la France ! Un salarié ayant cotisé 40 ans y touchera 688 euros pour un salaire de 2200 euros en 2030 !

Dernier élément souvent méconnu : malgré des modes d’acquisition de droits et des formules de calcul différentes entre public et privé, les niveaux de pensions sont sensiblement égaux pour des salaires et des carrières comparables.

Nous verrons dans les prochaines semaines la position de la CGT et des propositions, puis celles du PCF.

Paul GOYARD