« Les jours heureux »

mardi 4 juin 2013
par  PCF Drôme

Attachée à faire vivre la mémoire des Résistant-e-s et leurs valeurs, la municipalité de Portes-lès-Valence, sous l’impulsion de son maire, Pierre Trapier, a décidé de faire du 70ème anniversaire de la création du CNR un événement, avec notamment la présentation d’une exposition sur Jean Moulin. Cette exposition en mairie de Portes-lès-Valence a connu un franc succès, puisque de nombreux jeunes des classes primaires et du collège ont pris le temps nécessaire pour découvrir l’exposition, en compagnie de leurs professeurs.

Au nom de l’ANACR (Association Nationale des anciens combattants et des amis de la résistance), Robert Pénelon a pris la parole. Il a rappelé les conditions de la création du CNR : « ce fut un événement de portée considérable ; avec sa réunion constitutive, le CNR, en se plaçant sous l’autorité du Comité National Français, présidé par le Général de Gaulle, aura permis au chef de la France libre de s’affirmer face à Giraud - porteur d’un pétainisme sans Pétain, non sans audience auprès des anglo-américains – et comme le seul représentant de l’ensemble de la France combattante, Résistance intérieure et France libre réunies ». Et d’alerter les présents sur « les héritiers aujourd’hui des idéologies criminelles vaincues en 1945 qui relèvent la tête, paradent dans les rues, font l’apologie publique de ce qui se firent les acteurs ou complices des crimes fascistes et nazis et pire retrouvent une audience à la faveur des crises que connaissent nos sociétés et le monde ». Le président de l’ANACR Plaine de Valence conclura sur « cette journée, moment privilégié du passage de cette mémoire aux jeunes générations, est en même temps un hommage à la place de la Résistance dans l’histoire de notre pays ». Le maire, Pierre Trapier, a rappelé dans son discours le sens et le contenu du programme du CNR nommé : « les jours heureux », « l’Homme est la pierre angulaire de l’avenir. Il est à la fois acteur et gestionnaire de sa propre vie ». Il a aussi rappelé que le droit d’accès aux fonctions de direction et d’administration pour les ouvriers, la presse libre et indépendante, la création de la sécurité sociale, des comités d’entreprises, du statut des mineurs, des gaziers, des électriciens, le droit de vote des femmes sont autant d’exemples issus du programme du CNR. Et de poursuivre « ce programme, c’est l’audace d’hommes et de femmes au service d’un peuple avide de justice, dans un contexte où le pays est totalement exsangue. C’est la France de 1793 revisitée par ceux qui ont lutté, souffert, espéré. Certains acceptent mal la célébration du 27 mai 1943, l’esprit du CNR et les conquêtes sociales qui en découlent. Ceux-là même portent toujours en eux le goût amer de la vengeance contre la classe ouvrière en voulant par exemple détricoter le code du travail, sacrifier la liberté, l’égalité et la solidarité aux pressantes exigences de la finance. D’autres, dont je fais partie, trouvent dans cette ambition, la construction d’une société plus juste, inspirée d’une France en ruine, des motifs d’espérer, une sorte de fortifiant et d’antidote contre les sirènes du renoncement. Le réalisme en 1943 était utopie ». Le maire conclura en citant la grande résistante que fut Lucie Aubrac : « le mot résister doit aujourd’hui se conjuguer au présent », car selon lui, « raviver l’esprit du CNR, c’est aussi proclamer que la conquête des « jours heureux » est toujours une idée neuve en France et en Europe. » ◼