Transition écologique ou libérale ?

Les cheminots seront dans l’action le 13 juin
mardi 4 juin 2013
par  PCF Drôme

La Commission européenne, avec le 4ème paquet ferroviaire, a la volonté de libéraliser et de donner le système ferroviaire aux opérateurs privés.

L’ouverture des trafics fret au privé depuis 2004 et à l’international depuis 2010 n’ont pas amené la création de trafics supplémentaires.

A contrario, le système privé a grignoté des parts de marchés indus à la SNCF. Le fret ferroviaire a chuté de moitié en 10 ans. De plus, seules les liaisons les plus rentables sont prises par le marché privé. La part voyageur à l’international connaît le même sort, avec un service rendu aux usagers en nette diminution.

Ainsi, avec le 4ème paquet ferroviaire, la commission exige des appels d’offres obligatoires pour les transports ferroviaires régionaux de voyageurs (TER), la séparation totale de la gestion de l’infrastructure (voies, postes de circulation) et de l’exploitation (gares, vente commerciale, accueil, contrôle…).

L’ouverture à la concurrence d’ici décembre 2019 remettrait en cause le principe fondamental du service public. La séparation de la gestion de l’infrastructure et de l’exploitation a le seul objectif de faciliter l’ouverture de la concurrence. De plus, pour les cheminots, l’abrogation de la loi de 1969 garantissant l’équilibre du régime spécial de protection sociale et de retraite serait remis en cause. Pour cette partie, l’abrogation de cette loi arrangerait le gouvernement pour le dossier retraites avec l’allongement de la durée de cotisations.

En déstructurant, le service public des transports ferroviaires avec les opérateurs historiques, les dernières barrières sont levées pour une ouverture totale aux marchés financiers.

Pourtant, à l’heure où nous sommes confrontés à des choix de société, concernant la transition écologique, où une politique d’investissement massifs est la condition de la réussite d’une véritable alternative aux transports individuels.

Les régions, en matière de TER, prône le transport collectif, mais avec un coût à la baisse, voire redistribué aux autocars pour les réseaux secondaires.
Les organisations syndicales des cheminots CGT, Unsa, SudRail, et CFDT ont proposé une journée d’action le 13 juin 2013. Cette journée de grève est proposée pour dénoncer le 4ème paquet ferroviaire et pour l’emploi au statut, l’augmentation des salaires et pour un service public de qualité. Les cheminots ont l’expérience des grands rendez-vous. Les conflits sociaux de la fin 1995 avec le 1er paquet ferroviaire, de 2003, de 2008 et de 2010 pour les retraites ont contribué à ce que gouvernement et instance européenne reviennent sur plusieurs points. Les rassemblements et les manifestations à Bruxelles et à Strasbourg ont permis aux cheminots européens de contribuer à gagner sur leurs revendications.

Concernant les cheminots de Valence, le 17 mai 2013, ils ont exigé la présence des dirigeants sur le lieu de travail, l’espace de vente ou guichets, pour leur exprimer leur mécontentement quant à une réorganisation engendrant des suppressions de postes (-2) et des réductions d’ouvertures de l’espace. Tout ceci sans grève, les cheminots unis au sein de l’intersyndicale CGT, UNSA, CFDT ont gagné sur leurs revendications, la direction sursoit à l’application de son projet de réorganisation, revoit les ouvertures de guichets de Valence Ville et porte un regard sur la qualification des postes de travail.

Ce conflit a remis en cause les objectifs de la direction, à savoir l’orientation des usagers vers des machines de vente ou vers des achats par voie électronique, mais surtout a ressoudé les agents de la gare, ceci dans tous les métiers.

Les élections européennes de juin 2014 seront importantes pour élire un Parlement reprenant les propositions des forces de gauche, mais aussi de peser face au libéralisme exacerbé des commissions européennes. Les cheminots l’on compris, ils interviennent et s’activent pour amener des propositions avec lesquelles l’usager et le citoyen peuvent obtenir une service public ferroviaire de qualité. ◼

Pascal GIRARD