Un toit, c’est un droit !

mercredi 3 avril 2013
par  PCF Drôme

Des gens se retrouveront à la rue à la fin de le trêve hivernale :

► ceux qui sont expulsés de leur logement parce qu’ils ne peuvent pas payer leur loyer (le plus souvent des « bénéficiaires » des minima sociaux qui doivent choisir de payer soit leur loyer soit l’électricité soit leur nourriture),
► ceux qui sont en errance ou en rupture sociale,
► ceux qui sont demandeurs d’asile.

Il faut rappeler d’abord que tout être humain a le droit à un toit. Pourtant, malgré les grandes déclarations des autorités, durant tout l’hiver, des personnes n’ont pas trouvé d’hébergement en urgence par le 115. Dans toute la France, moins de la moitié des appels au 115 ont abouti. À Valence, des gens ont dormi dehors ou dans des endroits indignes.

Aujourd’hui, sur « le devant de la scène », environ 200 demandeurs d’asile vivent avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Ils risquent de se retrouver à la rue dans les jours qui viennent, et cela concerne des familles avec des enfants.

Le droit d’asile est inscrit dans la Convention de Genève et dans la Constitution française. C’est un droit dont doivent bénéficier des personnes persécutées dans leur pays d’origine (pour des raisons politiques, religieuses ou d’appartenance à une minorité).
En France, la loi interdit de travailler aux demandeurs d’asile, l’État se chargeant en principe de les héberger et de subvenir à leurs besoins minimums en attendant la réponse à leur demande d’asile.

Dans la réalité, par exemple cet hiver à Valence, seules les familles avec des enfants ont été hébergées. Les adultes dits isolés ne l’ont pas été.

Il faut savoir qu’il peut s’écouler 6 mois avant que la demande d’asile soit enregistrée. C’est une période pendant laquelle les demandeurs « n’existent pas » et n’ont droit à rien. On arrive seulement à faire scolariser les enfants (c’est une obligation) sans que les écoles aient toujours les moyens de les accueillir correctement (classes surchargées, enfants non francophones, pas toujours pris en charge spécifiquement).

Pendant l’instruction de leur dossier, les demandeurs d’asile bénéficient d’un minimum de prise en charge, qui s’arrête dès qu’ils reçoivent une réponse, généralement négative. Ils ont immédiatement une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF). Et alors que des recours sont possibles, l’administration leur dit « rentrez chez vous, on vous préviendra ». Or nous avons maints exemples de personnes qui ont fini par obtenir une autorisation de séjour au bout de plusieurs années de démarches, appels et recours. L’État a fini par reconnaitre le bien-fondé de leur demande.

Faut-il encore rappeler que toute l’histoire de l’humanité est faite de déplacements de populations ? À commencer par les déplacements des hommes de Neandertal et des homo sapiens, puis les barbares envahissant l’empire romain, les Celtes, les Vikings, les Huns, pour peupler l’Europe. L’histoire s’évertue à les représenter comme des « sauvages ». La traite des noirs et les colonisations, mécanismes de déplacements inacceptables des personnes, ont fourni à l’Europe les richesses qui permettront son industrialisation au XIXème siècle. Et que dire de tous ces gens qu’on est allé chercher dans les colonies pour faire la guerre et/ou servir de main d’œuvre à bon marché quand l’industrie en avait besoin ?

Ni les murs, ni les barbelés, ni les océans, rien n’a jamais empêché les personnes de changer de lieu.

Battons-nous à changer l’état du monde et l’économie, luttons contre le chômage et la misère plutôt que stigmatiser les migrants qui en sont aussi les victimes.

Que personne ne soit plus contraint à partir, mais puisse le choisir. Que puisse être réalité, ce qui a été inscrit dans la résolution du dernier congrès du PCF : l’objectif de libre circulation et libre installation des personnes. ◼

FS