Accès aux soins : amélioration ou dégradation ?

mercredi 27 mars 2013
par  PCF Drôme

Le 14 mars, le directeur de l’Agence régionale de santé (ARS) vient dans la Drôme présenter « le Pacte territoire-santé ».
Que peut-on en attendre d’un tel positif avec les récentes décisions de l’ARS et de la ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine ?

HÔPITAUX
Dans un communiqué du 1er mars, le Ministère des Affaires sociales et de la Santé a annoncé une baisse des tarifs de prise en charge des patients : moins 0,84 % pour le secteur public, moins 0,21 % dans le secteur privé, alors que selon les estimations, l’activité hospitalière continuera de croître de 2,8 % dans le secteur public et de 2 % dans le secteur privé.
Les hôpitaux dont les dépenses sont à 70 % des frais de personnel ne pourront pas éviter de supprimer des emplois.
La Fédération hospitalière de France annonce une réduction drastique des personnels hospitaliers : 20 000 en 2013, 15 000 en 2014.
Combien de suppression de postes dans les hôpitaux de la Drôme ?
Comment pourront-ils fonctionner sans mettre en danger le personnel et les patients ?
Dans ces conditions l’hôpital de Crest n’est pas prêt de récupérer son service de chirurgie, quand à celui de Die comment pourra t’il répondre aux exigences de l’ARS en ce qui concerne les recrutements de praticiens ?

SOINS DE NUIT EN MILIEU RURAL
L’ARS a projeté de supprimer les permanences de soins entre minuit et 8 heures du matin dans plusieurs cantons ruraux de notre département : La Motte-Chalancon, Rémuzat, La Chapelle-en-Vercors, Saillans, Buis-les-Baronnies, Mollans-sur-Ouvèze , Séderon, le Haut-Diois.
Les raisons évoquées, « pas assez d’appels motivant l’intervention d’un généraliste après minuit en regard de ce que coûte le système de garde sur cette plage horaire qui court jusqu’au matin ». Mais dans la réalité, l’ARS doit faire avec un budget en baisse de 4 % pour les astreintes.

Dans un contexte de désertification médicale importante en zone rurale, cette mesure n’incitera pas les médecins à rester ou à s’installer, risque d’engorger un peu plus les services d’urgence des hôpitaux et d’augmenter les interventions des sapeurs pompiers. Est-ce que cela représentera une véritable économie ?
Mais il est certain que cette décision va aggraver la situation des malades et de leurs familles et augmentera l’inégalité d’accès aux soins des populations éloignées des services hospitaliers d’urgence.
Le Président du Conseil général et Vice-président du Sénat, ainsi que des Conseiller généraux sont intervenus auprès de Marisol Touraine. Une réunion avec l’ARS a eu lieu pour évoquer le statut des médecins correspondants du Samu proposés en remplacement des soins de nuit. Aucune décision n’a, semble-t-il, été prise. Peut-être en saurons-nous plus après les venues du directeur de l’ARS, le 14 mars à Valence pour signer le « Pacte territoire-santé » et de Madame la ministre de la Santé, le 21 mars, pour l’inauguration de l’hôpital de Bourg-Saint-Andéol rénové !
Nous espérons que Didier Guillaume, Président du Conseil général, ne limitera pas son intervention à une seule démarche auprès de la ministre, et qu’il ne partage pas la déclaration de son Vice-Président, Hervé Rasclard, « maintenant que nous avons fait notre boulot, aux médecins et à l’ARS de s’entendre sur la question » [1]. Tous celles et ceux qui vous ont fait confiance attendent plus d’engagements pour défendre une politique de santé.
La gratuité des soins décidée par le Conseil national de la Résistance semble de plus en plus utopique à moins qu’un grand rassemblement populaire impose des recettes nouvelles pour la Sécurité sociale. ◼

Yvonne ALLEGRET


[1(Dauphiné libéré du 23 février 2013)