Lire : La fabrique des imposteurs, le dernier essai de Roland Gori

mercredi 20 février 2013
par  PCF Drôme

La fabrique des imposteurs est le dernier essai de Roland Gori (1) dans lequel il dénonce les dispositifs d’évaluation quantitative, qui colonisent de toutes les dimensions nos existences, produisent du conformisme et, finalement, de l’imposture. « (L’objectif) est de nous confisquer nos possibilités de penser ». Il est aussi co-initiateur de l’appel des appels, mouvement dans l’ambition est de « remettre l’humain au cœur de la société ».

« Respecter les normes, c’est le B.A. ba de toute imposteur », explique Roland Gori dans son essai.

Ce qui signifie que l’imposteur dont s’occupe le professeur émérite en psychopathologie et potentiellement en chacun de nous. Il dérive d’une société qui ne jure que par la norme et évalue frénétiquement les individus pour produire du conformisme, du faux- semblant. Attention, « il ne s’agit pas de supprimer des normes, mission aussi stupide qu’impossible, mais de permettre un jeu suffisant dans leur usage pour qu’elles n’empêchent pas l’invention », précise Roland Gori.
De même, la guerre n’est pas déclarée à l’évaluation en générale, mais à « l’évaluation quantitative, formelle et normative » dont l’enjeu est de propager la « religion du marché » dans tous les domaines de l’existence, à commencer par tout ce qui relève directement du bien commun (l’éducation, la santé, la recherche virus, etc.). En démontant les rouages psychiques et sociaux de l’imposture, ce livre nous aide à sortir de ce que l’auteur appelle un « état de stupeur culturelle ». ◼

(1) La fabrique des imposteurs, Éditions Les Liens qui Libèrent, 224 pages, 21,50 euros, 2013.