Pour en contrôle public de la sidérurgie européenne

mercredi 20 février 2013
par  PCF Drôme

Le magnat de l’acier Lakshmi Mittal va fermer plusieurs de ses installations à Florence (Moselle) ou à Liège (Belgique), et menace d’en fermer d’autres à moyen terme au Luxembourg. Peut-on imaginer une intervention publique à l’échelle de l’Europe ? Au niveau fédéral belge comme à l’échelon régional wallon, l’idée d’une prise de participation publique dans le capital des installations sidérurgiques commence à être évoquée. Ainsi le ministre de l’économie (socialiste) de la région Wallonne affirme comme objectif de trouver un partenaire économique afin de réaliser un portage public permettant la reprise. Pour le ministre, l’acier est vraiment une filière stratégique pour l’Europe et on ne peut laisser les entreprises jouer de la mise en concurrence entre les travailleurs et entre les États. Pour les syndicalistes Belges, il est évident qu’on ne peut laisser faire Mittal. Pour la FGTB Wallonne (Fédération générale du travail de Belgique), les États et l’Europe ont les moyens de reprendre la main sur un secteur si structurant et stratégique pour les économies.

Rappelons que la CGT de Florange est pour la nationalisation du site. Le ministre wallon de l’économie ne repousse pas cette idée et dit avoir dans son portefeuille des entreprises industrielles, détenues par les pouvoirs public, qui fonctionnent très bien.

L’Algérie a, elle, opté pour un contrôle public du site d’Annaba.
Hier, le Commissaire européen en charge de l’industrie et les ministres français, belge et luxembourgeois se sont réunis pour définir un plan stratégique sur l’avenir de l’industrie sidérurgique européenne.
À l’issue de la réunion, le Commissaire européen a indiqué avoir écrit à Lakshmi Mittal pour lui demander de renvoyer la décision de fermeture jusqu’à l’approbation du texte du plan d’action de la commission, attendue en juin. Mittal a rejeté la proposition.

Dans les premières versions du plan stratégique pour l’acier, l’Union européenne se contente de citer son fonds d’adaptation à la mondialisation comme amortisseur possible des coûts sociaux liés aux restructurations.

Bien loin des revendications syndicales pour une entreprise publique de la sidérurgie. ◼

Paul GOYARD