De Primo Levi au 20 janvier 1942…

vendredi 15 février 2013
par  Jean Pierre BASSET

Jusqu’au dimanche 27 janvier, le CPA (Centre du Patrimoine Arménien) à Valence présentait l’exposition « Primo Levi, de la survie à l’œuvre ». Cette exposition retraçait le contexte et le parcours de cet homme exceptionnel, rescapé d’Auschwitz.

L’édition de 1990 de son ouvrage « Si c’est un homme » rapporte en annexe les propos de Primo Levi : « […] en 1946 le nazisme et le fascisme semblaient véritablement ne plus avoir de visage ; on aurait dit - et cela me paraissait juste et mérité - qu’ils étaient retournés au néant, qu’ils s’étaient évanouis comme un songe monstrueux […]. Dans les années qui suivirent, l’Europe et l’Italie s’apercevaient que ce n’était là qu’illusion et naïveté : le fascisme était loin d’être mort, il n’était que caché, enkysté ; il était en train de faire sa mue pour réapparaître ensuite sous de nouveaux dehors un peu moins reconnaissables, un peu plus respectables, mieux adapté à ce monde nouveau, né de la catastrophe de la seconde guerre mondiale […]. »
Cela me permet de rappeler que dimanche 20 janvier 2013 était le 71ème anniversaire de la « Conférence de Wannsee ». C’est en effet le 20 janvier 1942 que se tenait, au 56-58 de l’avenue Am Grossen Wannsee à Berlin, une réunion de 15 hauts dignitaires de l’appareil nazi sous la présidence de Reinhardt Heydrich. Si un procès verbal fut rédigé par Adolf Eichman, il n’y eut aucune publication de la décision : la mise en application de la « décision finale » sous le nom de code de « Nacht und Nebel » (Nuit et brouillard).

Cela voulait dire que les juifs devaient être transférés à l’est. Les « aptes au travail » seraient exploités au delà de l’humain, « s’éliminant naturellement ». Le résidu, les « inaptes » seraient « traités » en conséquence c’est-à-dire directement à la chambre à gaz.

C’est en février 1942 qu’arrivent à Auschwitz les premiers convois de juifs provenant de Haute Silésie et de Slovaquie et le 30 mars qu’arrive le premier convoi parti de France le 27 de ce mois-là.

Les derniers seront les 437 000 juifs hongrois déportés sous l’autorité du dictateur Horty, désormais réhabilité par l’actuel premier ministre hongrois Victor Orbán.

Il faut aussi rappeler qu’à la fin décembre 1941, quelques semaines avant la conférence de Wannsee, le territoire de la Lettonie avait déjà été déclaré Judenfrei, c’est-à-dire « libre de juifs ». Les nazis lettons devançaient leurs maitres.

Jean-Pierre BASSET


La déportation de Primo Levi dans le camp d’extermination d’Auschwitz s’impose comme l’événement déterminant de sa vie, devenant le thème central de son œuvre.
Le 22 février 1944, primo Levi est déporté, avec 650 autres détenus italiens du camp d’internement des juifs de Fossoli, à Auschwitz dans douze wagons à bestiaux surchargés.
Levi est assigné au camp de Monowitz, un des camps auxiliaires d’Auschwitz. Echappant à la marche de la mort, il sera libéré le 27 janvier 1945 par l’Armée rouge, avec quelques compagnons survivants. Des 650 Italiens déportés de ce convoi de février 1944, 20 reverront l’Italie.