Il est temps que s’engage une véritable politique de gauche du logement

samedi 29 décembre 2012
par  PCF Drôme

Le 18 décembre dernier a eu lieu à la salle Charles Michels de Romans une conférence-débat sur la politique du logement. Étaient réunis à la tribune Alice Bochaton (secrétaire nationale de la Confédération Nationale du Logement), Jean-Jacques Franclin (militant associatif), Viviane Debarges et Jean-Marc Durand (élus à la ville de Romans) ainsi que Jean-Jacques Porcheron (responsable national de l’Association Nationale des Élus Communistes et Républicains en charge des questions de la politique du logement).

Actuellement il y a en France 1,2 millions de personnes en attente de logement, 3,5 millions de mal logés, 150 000 expulsions par an et on estime qu’il faudrait construire 200 000 logements sociaux chaque année.

Des mesures représentant certaines avancées ont été prises par Cécile Duflot, Ministre du logement, mais malheureusement au regard de la situation d’urgence existante, elles ne vont pas assez loin et parfois dans le mauvais sens. Par exemple, le dispositif Duflot au travers de la loi SRU (certaines collectivités refusent de jouer le jeu en détournant la loi ou en préférant payer des amendes) ou le blocage des loyers à la relocation qui ne concerne que les grandes villes, les zones tendues ainsi que le parc privé. Donc quid du reste de la population ?

De même, les dispositifs de réhabilitation engagés par l’agence nationale de l’habitat (ANAH) ou l’agence nationale de rénovation urbaine (ANRU) sont certes utiles, mais le premier ne concerne que le parc privé tandis que le second a pu dans certains endroits alimenter des opérations juteuses. Tout cela étant financé en partie par les loyers des locataires et ne répondant pas au besoin pressant de construire de nouveaux logements.

Il faut des ruptures sur le plan politique, car on est passé du soutien au logement public à l’aide au logement privé via la spéculation foncière et les dispositifs de défiscalisation comme les lois Périssol, Borloo ou Scellier (14 milliards d’euros d’exonérations en 2011 pour ce dernier). Tout ceci dans une perspective de réduction des dépenses publiques voulue par le capitalisme financier et le fédéralisme européen.

Il devient alors nécessaire de considérer le logement comme service d’intérêt général et redonner du pouvoir d’achat aux locataires s’avère primordial car les loyers flambent. Hausse des charges, nouvelles mises aux normes et travaux plus ou moins injustifiés ainsi qu’augmentation de la TVA dans la construction font que les loyers augmentent. Ainsi les gens n’arrivent plus à joindre les deux bouts. Certains se chauffent ou s’éclairent moins, d’autres ne font plus qu’un repas par jour pour pouvoir régler leurs charges. Il faut donc faire baisser les loyers du parc privé et geler ceux du public.

Le PCF au sein du Front de gauche propose que les loyers et charges ne dépassent pas 20% des ressources des occupants. Les bailleurs sociaux, pressurisés par les taxes, et les banques vivent avec l’apport des loyers et sont soumis à l’obligation d’avoir des comptes équilibrés. C’est pour cela qu’il faut une mesure de réduction des intérêts d’emprunt et un nouveau rôle des banques, davantage solidaire, car le logement social est devenu un système de rente pour les banques. On veut équilibrer les comptes des OPH mais pas ceux des familles !

La pénurie de logements entraîne le développement de marchands de sommeil et une compétition de fait entre les locataires car désormais on loue « au plus offrant ». Il faut apporter de plus en plus de garanties et avoir des revenus de plus en plus conséquents ce qui crée de l’injustice. C’est pour cela que l’on doit réquisitionner car trop de logements restent encore vacants, même si cela ne réglera pas le problème des demandes exponentielles de logements. Ceci toujours dans le cadre d’une mesure d’urgence car une politique de gauche doit être mise en œuvre et ne pas suivre ce qu’a fait le précèdent gouvernement. □ RG