Catastrophique pollution chimique du Rhône

jeudi 14 juin 2007
par  Communication Pcf 26

Voici des extraits d’un article du 1er Mars 2007 que vous pouvez consulter sur le site de Marc Laimé ( journaliste spécialisé et conseil sur les politiques publiques de l’eau auprès de collectivités locales ) :

En 2005, des analyses de chair de poissons pêchés dans le canal de Jonage, dans la banlieue de Lyon, avaient de nouveau mis en évidence une contamination. Et conduit les services de l’État à mettre en place un protocole d’analyses et d’enquête réalisés par le Cemagref et la Direction des services vétérinaires.

Ce sont les conclusions de cette enquête qui ont provoqué la semaine dernière l’extension de la zone d’interdiction, et ont décidé la Fédération Rhône-Alpes d’associations de protection de la nature (Frapna) à déposer plainte contre X pour pollution.

Plusieurs centaines de milliers de tonnes de sédiments contaminés

Mais davantage que la contamination des poissons, celle des sédiments inquiète Alain Chabrolle, administrateur de la Frapna : « Nous sommes confrontés à un nouveau type de pollution, car les PCB ne sont pas solubles, ne sont pas biodégradables, ils se scotchent sur les sédiments, une sorte de pollution invisible qui n’a pas de toxicité à court, mais à moyen et long terme. »

Le préfet du Rhône, coordinateur de bassin, a demandé aux collectivités situées plus en aval de pratiquer également des analyses qui pourraient, en cas de résultat positif, conduire à une extension du périmètre d’interdiction de consommer le poisson.

Reste à expliquer, si l’hypothèse d’une contamination ancienne se confirme, pour quelle raison elle resurgit.

Interdiction de consommer des poissons étendue à l’Ardèche et la Drôme

L’interdiction de consommer des poissons pêchés dans le Rhône, du fait d’une pollution sans précédent aux polychlorobiphényles (PCB), a été étendue à l’ensemble de l’Ardèche et de la Drôme, annonceront le 13 juin 2007 les préfectures des deux départements.
 Cette interdiction, qui concerne également "les canaux de dérivation et les contre-canaux du fleuve", était déjà en vigueur depuis plusieurs semaines ou mois pour une zone de plus de 100 kilomètres en amont et en aval de Lyon.
 Avec cette nouvelle extension, plus de 200 kilomètres du Rhône sont désormais concernés.

Dans leur communiqué, les deux préfectures expliquent que des analyses effectuées dans le nord de la Drôme-Ardèche, "sur 6 espèces de poissons", ont conclu que la concentration en dioxine et PCB était jusqu’à 7 fois supérieure à la norme recommandée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et adoptée par l’Union européenne.
 Après des analyses de poissons en février 2005, un premier arrêté, pris en avril 2005, avait d’abord interdit la consommation de poissons pêchés dans le canal de Jonage (Rhône), près de Lyon.
 Au fil des analyses faites pour les besoins de cette enquête sur l’origine de cette pollution, l’interdiction a été étendue.

Les investigations sont toujours "en cours", notaient, le 13 juin, les deux préfectures.

En mai, les mairies de Meyzieu et Décines-Charpieu (Rhône) avaient déposé plainte contre X à la suite de cette pollution.
 Les PCB, composés chlorés utilisés notamment comme isolant électrique, ont été largement déversés dans le fleuve dans les années 1980. Très peu solubles, ils se sont accumulés dans les sédiments, puis dans les graisses des poissons.
 Interdits à la vente en France depuis 1987, ils sont connus pour entraîner chez l’homme, s’ils sont ingérés régulièrement sur de longues périodes, des problèmes de fertilité ou des cancers.