Quelle politique industrielle pour l’avenir ?

vendredi 31 août 2012
par  Esson Gérard

L’explosion en juillet du nombre de demandeurs d’emploi, hausse la plus élevée depuis trois ans, montre que la France « s’enfonce dans une crise durable » selon les experts, avec quasiment 3 millions de chômeurs sans aucune activité en métropole.

Avec 41.300 inscrits de plus en un mois à Pôle emploi dans la catégorie A (sans aucune activité), il s’agit d’une poussée inégalée depuis le printemps 2009 et du 15ème mois de hausse depuis que le chômage à recommencé à augmenter, en mai 2011.

A ce rythme, la barre symbolique des 3 millions de demandeurs d’emploi en métropole, déjà dépassée si l’on intègre l’Outre-mer (3,232 millions), sera franchie le mois prochain. Il faut remonter à juin 1999 pour retrouver de tels niveaux.

Tant en matière économique et sociale, le président de la République, son gouvernement, la nouvelle majorité à l’assemblée Nationale ont promis le changement maintenant.

Mais les premières annonces novatrices marquant une réelle volonté de changement se font attendre.

Que se soit le traité européen, la bataille de reconquête industrielle et ses emplois, ce qui n’a pas changé c’est l’attitude du patronat qui reste cantonné dans une volonté de culpabiliser les salariés et leurs acquis sociaux, en pointant ce qu’ils appellent « le coût du travail ».

Comme en Espagne ou en Grèce, le patronat Français demande au nom de l’emploi, toujours plus de souplesse du code du travail afin de licencier plus facilement.

Au niveau national les annonces de restructuration chez PSA ou chez IBM, le chantage à l’emploi dans différents secteurs d’activités comme chez SEVELNORD fragilise l’outil industriel.

Dans notre département Drôme, la réalité de cette rentrée fait très vite oublier les vacances en cette année 2012. Des enjeux extrêmement lourds pèsent sur l’avenir des emplois.

IMAJE, SOLYSTIC, OERLIKON (ex Leybold), La SPIT sur Bourg les Valence, REYES ex SWITEX, Sextant sur Valence : la politique patronale en matière d’emploi amène les salariés dans le mur.

Face à cette stratégie suicidaire du patronat et aux réponses du gouvernement qui amène le doute sur la capacité de mettre en œuvre des décisions radicalement opposées à celles de la droite et du patronat il faut une stratégie de croissance rentable qui repose sur deux piliers : la réponse aux besoins et le développement de l’emploi.

C’est pour cela que le Front de gauche propose  :

- Un moratoire immédiat sur tous les plans de licenciements, exécutoire par le Préfet en raison des troubles à l’ordre public causé par les décisions intempestives de supprimer des emplois ou de fermer des sites, afin d’élaborer des contre propositions.
- Le vote à l’Assemblée nationale de la loi contre les licenciements boursiers dans les entreprises qui réalisent des bénéfices, adoptée par la gauche au Sénat sur l’initiative des parlementaires communistes.
- Des droits pour les salariés, leurs délégués, les comités d’entreprise pour faire valoir leurs alternatives. Ils pourraient alors imposer des diminutions du « coût du capital » (intérêts des banques, dividendes, prélèvements sur la sous-traitance...) plutôt que du « coût du travail ».
- Un Pôle public financier visant à moduler le taux du crédit en fonction de l’intérêt mesuré pour l’emploi, la formation, les salaires, la recherche, le développement et le progrès écologique.
- Une relance de la consommation par l’augmentation du pouvoir d’achat des familles ce qui passe notamment par une augmentation significative du Smic.
Il n’y a pas de fatalité à la destruction de l’emploi et à la fermeture de sites industriels. Pour une vie digne pour chacune et chacun, les solutions existent. A la gauche de les mettre en œuvre, pour ne pas décevoir et réussir le changement attendu. Les communistes et les parlementaires du Front de gauche sont déterminés à y être utile.

Mais obtenir ce changement, dépend aussi de notre intervention.
Les mobilisations des salariés, des citoyens restent la meilleure réponse face à ces attaques. Elles doivent s’élargir en cette rentrée.

Dès cette rentrée tous nos efforts doivent se concentrer sur la construction avec les salariés d’un rapport de force durable afin de créer une dynamique de confiance dans l’action collective pour gagner la perspective d’une autre politique industrielle.

L’action, c’est maintenant !

Gérard ESSON - Elu PCF de Bourg les Valence