Les marquis passent à l’offensive

vendredi 13 juillet 2012
par  PCF Drôme

Voilà 145 ans que leur ancêtres ont créé la société des agriculteurs de France (SAF) une association de hobereaux. Laquelle veut en finir avec l’exploitation familiale et le contrôle des structures, afin de donner libre cours à l’agrandissement .

Considérant que la conjoncture lui est favorable, la SAF vient de rendre public un document qui fait de la dérégulation de la production agricole à l’échelle européenne et planétaire un horizon indépassable. Ne survivront dans cet univers impitoyable que les exploitants les plus riches et les plus avisés.

Partout dans le monde, la production agricole va être de plus en plus confrontée à de nouveaux défis induits par le réchauffement climatique avec son cortège de sécheresse, d’inondations, de tempêtes dévastatrices. S’y ajoutera la cherté du pétrole et des engrais alors que les rendements céréaliers plafonnent depuis 15 ans.

La SAF veut ignorer que les bonnes pratiques agronomiques, l’autonomie fourragère des exploitations d’élevage, l’agriculture de proximité avec des ceintures vertes autour des grandes villes, une nouvelle place accordée à l’arbre pour produire de la nourriture, du bois d’œuvre et du combustible, tout en captant plus de carbone qu’aujourd’hui pour freiner le réchauffement climatique, seront les calculs gagnants pour l’agriculture des prochaines décennies.

Cette agriculture nouvelle aura besoin de plus de main-d’œuvre qu’aujourd’hui. Il faudra réguler la production au regard des besoins à satisfaire, ce que la mondialisation capitaliste et ses agri-managers ne savent pas faire.

Du côté des décideurs politiques comme des syndicalistes paysans, il serait bien que des voix s’élèvent pour dire à la SAF que le droit à l’alimentation des peuples est trop vital pour être confié aux lois spéculatives d’un marché mondialisé et dérégulé.

Extrait de la chronique de Gérard Le Puill
Parue dans le journal « La Terre »
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