Jeux interdits 
oui, vous l’avez réveillée la bête immonde !

lundi 25 juin 2012
par  PCF Drôme

« La bête immonde » dénoncée par Bertold Brecht est de nouveau parmi nous. L’entre deux tours des législatives de juin 2012 en a été le théâtre, notamment dans la Drôme.

Instillé par les plus hauts responsables de l’Etat depuis le mois de janvier, les allusions aux rapprochements nécessaires de la Droite avec l’Extrême Droite, ont été minutieusement programmées.

Ce furent d’abord des déclarations sur le « brevet de républicanisme » du Front national ; ce fut ensuite le lancement de l’idée saugrenue pour ne pas dire assassine de l’existence de « civilisations qui ne se valent pas » ; ce furent enfin les phrases de l’entre deux tours telles les multiples « ni..ni » ou encore les « le F.N partage les mêmes valeurs que nous » (Morano) ou enfin les « le FN de Marine Le Pen n’est pas celui de son père » (Longuet). Comme l’écrit Denis Sieffert dans Politis le 14 juin 2012 : « Après un rapprochement idéologique quasi fusionnel, il n’est guère étonnant que vienne le temps du rapprochement politique » [entre la droite et l’extrême droite].

A fleuret moucheté, grossièrement quelquefois, souvent sottement, vicieusement dans certains cas (voir l’affichage de Franck Reynier dans les communes où le Front National fait de gros scores), les appels à la haine ou à la xénophobie furent diligentés par des candidats à la députation en ballotage défavorable. Deux ou trois fois l’offensive fut frontale, mais la plupart du temps, ce fut une démarche toujours biaisée, toujours perfide, toujours cynique qui en appelait à « des citoyens-électeurs-comme-les-autres » militants ou sympathisants de l’extrême-droite. Certains candidats de l’U.M.P osant prétendre que « les valeurs étaient communes » qu’il faudrait renforcer ces valeurs, d’autant que « le Front de gauche est devenu l’extrême gauche » (Kosciusko-Morizet et Alain Juppé-le-normalien rallié !). Et de conclure sur des allégations aussi perfides que « le parti frontiste est un acteur de la vie politique à part entière » (Longuet).

Et ne voilà-t-il pas en Drôme que l’idée d’une Catherine Coutard (M.R.C) « looser habituelle » se diffuse dans la 2° circonscription pour expliquer son échec (804 voix) dans la 2° circonscription face à Franck Reynier !
Venue de la droite drômoise cette assertion ? Hum, je demande à voir, car c’est un propos que partagent bien des électeurs et militants socialistes. Je les ai personnellement entendus.

En analysant tous les commentaires, des uns comme des autres, j’ai pensé, allez savoir pourquoi, aux paroles d’une chanson des années 70 de Michel Delpech : « Pour un flirt avec toi, je ferais n’importe quoi… » !

Ce « jeu » est néfaste et surtout indigne de l’idéal démocratique. Qu’on ne s’en rende pas compte, lorsqu’on se dit « responsable » politique est grave. Qu’on perdure dans cette posture autiste pour favoriser ses propres intérêts devient irresponsable. Qu’on refuse de concevoir cette faute est tout simplement stupide. Voilà pourquoi, l’insurrection civique devient nécessaire pour rappeler aux politiciens de métier les fondamentaux de la Démocratie.

Gérard MOLINES — Montélimar