Hôpital : des finances tendues

mercredi 2 mai 2012
par  PCF Drôme

Alors que l’austérité se fait de plus en plus lourdement sentir sur leur budget, les hôpitaux publics se voient fermer l’accès au crédit bancaire.
Depuis 2010, ils réduisent leurs investissements. Entre contrainte budgétaire resserrée et raréfaction des crédits bancaires, la situation financière des hôpitaux se tend dangereusement.

C’est ce qui ressort de la dernière note de conjoncture sur les finances hospitalières, réalisée par Dexia Crédit local. Selon celle-ci, en 2010, dernier exercice analysé, les établissements publics de santé ont réduit leurs investis­sements de près de 5 % (à 6,5 milliards d’euros), et la tendance devrait s’accentuer en 2011 et 2012.

Examinant leurs comptes, la note constate tout d’abord que les hôpitaux sont victimes d’un «  effet ciseaux  », entre d’une part des ressources qui ralentissent du fait de la politique de pression sur les finances publiques et d’autre part des charges augmentant à un rythme supérieur (3 %), ce, en dépit d’efforts de «  maîtrise de la masse salariale  », principal poste de dépenses.

Au passage, Dexia pointe la montée des charges financières, les hopitaux ayant fortement accru leur endettement depuis une dizaine d’années : il a été multiplié par huit entre 2002 et 2009, passant de 350 millions d’euros à presque 3 milliards.

Du coup, le fardeau des intérêts des emprunts s’est lui aussi alourdi, atteignant 730 millions d’euros en 2010 (+ 9,8 %). Conséquence de l’effet ciseaux, la capacité d’autofinancement des établissements se stabilise en moyenne (elle se dégrade pour la moitié d’entre eux, pour plus de 600 millions d’euros). Or, il s’agit là du premier moyen d’investissement.

Ce n’est pas la seule source de préoccupation. Le recul, depuis 2010, de l’effort d’investissement, après une dizaine d’années de croissance, est aussi imputable à l’essoufflement du plan Hôpital 2007 alors que le plan Hôpital 2012, qui devait le relayer, a été fortement revu à la baisse. Aides publiques en berne, enveloppe budgétaire toujours plus serrée au nom de l’austérité… Le cocktail devient détonnant lorsque, de surcroît, l’accès au crédit bancaire devient un casse-tête quasi insoluble.

D’une part, en effet, Dexia Crédit local, prêteur historique des hôpitaux, aujour­d’hui victime de la crise financière et en voie de démantèlement, a gelé ses activités. Et les autres banques, invoquant des contraintes de liquidités et de refinancement, et en particulier la perspective de nouvelles normes prudentielles dites de Bâle III, ont réduit leurs capacités de financement, voire se sont «  retirées totalement du marché  », alors que le secteur hospitalier «  restera demandeur de volumes importants de crédits  ».

Difficile de mieux dire l’urgence de bâtir un pôle public bancaire, comme le prône le Front de gauche, apte à financer, à bas taux, les services publics .