Quoi d’autre que la culture pour nous rappeler au monde ?

vendredi 13 avril 2012
par  Evelyne LAFUMA

Alors que la prise de conscience planétaire monte sur les enjeux environnementaux, les problèmes « d’environnements mentaux déséquilibrés sont bien peu appréhendés » déclarait Claude Michel, secrétaire général adjoint de la CGT Spectacle un été en Avignon.

Oui, la culture, c’est un patrimoine à entretenir, à transmettre et à construire ! La culture fait reculer la peur, l’ignorance et l’exclusion ! La culture est préalable à la récolte, elle nécessite de l’attention, de l’opiniâtreté, de la quotidienneté, de l’investissement, du professionnalisme.

Atout majeur de l’épanouissement humain personnel et collectif, elle a partie liée avec la liberté, l’esprit critique, l’engagement citoyen.

Quoi d’autre que la culture sous toutes ses formes pour déjouer le dogmatisme, l’enfermement intellectuel, quoi d’autre que la culture innovante et provocatrice pour contrecarrer la tyrannie des raisonnements approximatifs et imbéciles, l’efficacité arrogante des idées simples et circonstancielles ?

Quoi d’autre que la culture pour réhabiliter la lenteur, la subtilité, approfondir les idées complexes qui se prolongent et fondent ce qui est un peu plus durable sur notre planète ?

Quoi d’autre que la culture pour approcher autant que possible la réalité pleine et entière de nos vies et celles des autres.

Oui, « Soyons les mutins éclairés de la République ! » comme le dit Jack Ralite.

Evelyne LAFUMAS—Valence


Dans une table ronde publié dans l’Humanité, Alain HAYOT, délégué national à la culture du Parti Communiste co-animateur du Front de gauche de la culture, explique :

« notre projet vise l’émancipation de tous et l’épanouissement de chacun. C’est pourquoi une politique culturelle de gauche n’est pas seulement l’affaire des artistes et des acteurs culturels, elle est l’affaire de tous, elle permet à chacune et à chacun d’être l’acteur de son propre destin comme du destin collectif. C’est ce que nous appelons la révolution citoyenne. (…)

La question des moyens est importante, et contrairement à François Hollande, Jean-Luc Mélenchon ne propose pas de « sanctuariser le budget de la culture » ce qui reviendrait à entériner la formidable régression que lui a imposée Sarkozy. Le Front de Gauche propose de doubler la dépense publique (Etat et collectivités territoriales ) en faveur de l’art de la culture durant le quinquennat.

Mais la question du sens nous paraît prioritaire : quels moyens pour quelles ambitions ?

Nous voulons révolutionner le rapport de l’art et de la culture à la société autour de trois grandes idées.

La première , il nous faut retrouver du sens à l’exercice de la liberté de création, au travail des artistes et des acteurs culturels. Contre l’asservissement à une économie de la culture marchandisée, standardisée, uniformisée et nivelée par le bas, mais aussi contre toute tentative d’instrumentalisation politique et idéologique ou encore contre toutes les censures.

Deuxièmement nous voulons redonner un nouveau souffle à l’imaginaire en portant l’ambition d’un « partage du sensible » reprenant le chemin de la démocratisation pour aller vers une véritable démocratie culturelle qui favorise les liens étroits entre création et éducation populaire et qui permette à chacune et chacun de s’approprier les ressources artistiques et culturelles.

Enfin nous pensons que le vivre ensemble dans notre société marquée aujourd’hui par la diversité culturelle, suppose la reconnaissance de l’autre, de son histoire, de sa culture et de sa langue. Nous voulons fonder une civilisation humaine aux antipodes des hiérarchies établies par des Sarkozy, Guéant, Le Pen, afin de permettre à chacune et chacun, non seulement, d’entrer dans l’histoire mais de la faire. (…) »

Dans un livre publié par le Front de Gauche de la Culture, [1]
nous faisons des propositions afin de refonder le service public de la culture.

Cela passe par de nouvelles ambitions citoyennes pour nos établissements culturels, une remise a plat de l’ensemble des dispositifs d’éducation artistique à l’école, de la maternelle à l’université, une volonté nouvelle de renouer un lien étroit dans les entreprises entre le travail, l’art et la culture, lien que nous définissons comme un droit au même titre que la formation parce qu’il contribue à l’expression de la dignité humaine et à l’exercice de la citoyenneté.

La même démarche doit s’appliquer l’urbanité à chaque territoire, en refusant cette dichotomie imbécile entre culture de l’élite et celle du peuple. Celui-ci n’est pas dénué de culture, il est privé de parole et nous voulons la lui rendre dans un souci de fabriquer du commun car la culture est un bien commun et nécessite un véritable service public. »


[1Quelle humanité voulons-nous être ? Un projet pour l’art, la culture et l’information, du Front de Gauche.
Editions Bruno Leprince 108 pages—3 euros
http://www.bruno-leprince.fr/221.html