50 ANS DÉJÀ : LES COMMUNISTES ET LA GUERRE D’ALGÉRIE

lundi 19 mars 2012
par  PCF Drôme

Le jeune Parti communiste français s’est construit dans la lutte anticoloniale, l’une des orientations prescrite par l’Internationale.

Dès 1920 se créent des organisations du PCF en Algérie, et en octobre 1936 voit le jour le Parti communiste algérien. Les communistes français soutiennent les aspirations nationales des patriotes algériens entre les deux guerres, mais la question coloniale n’est pas au centre des préoccupations du Front populaire.

En février1939, Maurice Thorez effectue un voyage en Algérie, où il peut constater l’effroyable misère des populations.
Il prend acte de « la nation algérienne en formation », notion qui sera vite dépassée par les réalités de la situation.

Si les communistes, depuis la métropole, focalisés sur les problèmes de la fin de la guerre, ne prennent pas la mesure des massacres et de la répression à Sétif et dans le Constantinois en mai 1945, ils se placent cependant très clairement dans le camp des partisans de l’émancipation des Algériens, à l’exemple de leur action contre la sale guerre en Indochine, qui se termine en 1954.

C’est ainsi que dès les débuts de l’insurrection, en novembre 54, Jacques Duclos plaide publiquement pour le droit à l’indépendance des peuples du Maroc, de Tunisie et d’Algérie.

Été et automne 1955, le Parti et la Jeunesse communiste organisent des manifestations contre le départ des premiers rappelés. Aux élections de janvier 56, la gauche triomphe. Communistes et socialistes ont fait campagne pour la paix, l’ouverture des négociations avec le FLN.
Mais cédant aux ultras, Guy Mollet, président du Conseil, enfonce le pays dans la guerre.
Les communistes, votant les pouvoirs spéciaux dans l’espoir quelque peu irréaliste de sauver la réalisation d’un nouveau Front populaire, ne pourront empêcher la dérive, le pourrissement de la situation.

S’ouvre alors une période difficile, où les communistes, la CGT et des progressistes travaillent à modifier dans l’opinion publique l’idée majoritaire que « l’Algérie, c’est la France ».

L’activité se déploie sur plusieurs terrains, et dans des formes diverses, publiques ou plus discrètes : Organisation de la lutte au sein du contingent, solidarité avec les communistes algériens et autres patriotes, combat magnifique des avocats pour les défendre jusqu’à Alger, dénonciation dans la population de la guerre coloniale, de son cortège de violences, de meurtres, de tortures.

L’Humanité est sans cesse saisie ou censurée, les militants durement réprimés. Dans le même temps, il s’agit de tout faire pour unir les républicains contre les menées factieuses. Les communistes se dressent sans succès contre le coup d’État du 13 mai qui ramène de Gaulle aux affaires, celui-ci promulgue la Ve République, instaure un régime de pouvoir personnel.

Avec les attentats de l’OAS, les communistes sont au premier rang pour organiser la riposte, garder des locaux et les domiciles des personnalités menacées, créer dans tout le pays des comités antifascistes.

Dans l’armée, leur action persévérante permet au contingent, lors du putsch d’avril 61, de mettre en échec dans de nombreuses bases et casernes les menées des militaires rebelles.

L’automne et l’hiver 1961-62, ils sont, avec la CGT, à l’origine de puissantes manifestations anti-OAS et pour la paix. Après le 17 octobre, où les Algériens de Paris, descendus pacifiquement pour protester contre le couvre-feu qui leur était imposé et manifester leur sentiment national, ont été massacrés, la solidarité s’organise dans les villes de banlieue et les usines.

À Charonne, le 8 février, 9 manifestants tombent sous les coups de la police. Tous appartenaient à la CGT, et 8 sur 9 étaient communistes, témoignage tragique de la place éminente du PCF dans le combat.
Le peuple algérien en lutte ne cède pas, l’opinion publique en France bascule, le cessez-le-feu est conclu le 19 mars 1961.

Une belle et douloureuse page d’histoire des communistes français se tourne.

Nicolas Devers-DREYFUS [1]
Lu dans la « lettre des vétérans du PCF » de février/mars 2012


Un numéro Hors Série de l’Huma , "Algérie 50 ans d’indépendance", avec un DVD (10 euros) en vente à la fédération du PCF, ou sur le site de l’Humanité

Exposition à Valence au centre du patrimoine Arménien
« Pierre Bourdieu, Images d’Algérie, une affinité élective »
http://www.patrimoinearmenien.org/p...


[1Nicolas Devers-Dreyfus, jeune lycéen communiste avait quinze ans quand il participa à la manifestation du 8 février 1962. Comme de nombreux jeunes de sa génération, il se forgea ses convictions politiques en refusant la guerre colonialiste faite au peuple algérien.


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