Santé, Don de Sang, Produits Sanguins

vendredi 9 septembre 2011
par  Jean Pierre BASSET

En 2010 le gouvernement commandait un rapport à l’IGAS ( Inspection Générale de Affaires Sociales) sur l’autosuffisance française en produits sanguins.
Ce rapport publié fin 2010, s’il est contestable pour la partie basée sur la RGPP [1]. apporte des indications utiles et des "Recommandations" qu’à ce jour, à notre connaissance, le gouvernement n’a pas entrepris de mettre en œuvre

D’un niveau relativement bas en France, la collecte de produits "labiles" ( qui ne se conservent pas," Concentrés de Globules Rouges", "Plaquettes", et "Plasma thérapeutique") vise les quantités correspondant au plus près aux besoins en temps réel. Le besoin croit modérément (1,5% an) dû en particulier aux traitements post-cancéreux et au vieillissement de la population.

Les Médicaments Dérivés du Sang (MDS) fabriqués par le LFB (Laboratoire du Fractionnement et des Biotechnologies 100% public) à partir du "Plasma" connaissent une progression de la consommation très rapide, 8% an depuis 2006. Ce qui peut à terme poser un problème grave de santé publique si une mobilisation de nouveaux donneurs ne voyait pas le jour et si la "Plasmaphérèse" ne se développait pas.

Des recherches sont conduites sur le traitement de la maladie d’Alzheimer par des ’Immunoglobulines " (MDS). Si elles s’avéraient concluantes, l’autorisation d’utilisation ferait -selon le rapport de l’IGAS- "exploser" le besoin avec une prévision de croissance annuelle de 14%, pendant plusieurs années, de la collecte de plasma sanguin.

Le rapport de l’IGAS note -côté négatif- le non contrôles des MDS importés ( c’est possible pour les hôpitaux sur la base d’appels d’offres imposés par les institutions européennes). On retrouve là les faiblesses constatées dans l’affaire du "Médiator" de Servier alors que les produits sanguins français connaissent les contraintes sanitaires les plus poussées au monde.

L’IGAS préconise de modifier la "Directive Européenne" 2001/83/CE en son article 57 pour imposer un label éthique sur les MDS et le contrôle systématique des importations. Le député Patrick Le Hyaric a interpellé, le 30/5/2011, le Commissaire Européen concerné qui a rejeté avec mépris la proposition formulée.

Pour garantir durablement notre système de santé publique, son éthique (non commercialisation de l’humain) et l’égal accès aux soins de qualité auxquels les malades ont droit quel que soit leur niveau social, il est indispensable que citoyennes et citoyens de 18 à 65 ans, en bonne santé, donnent régulièrement leur sang. C’est un devoir de solidarité.

Pour mesurer le besoin, en 2010 dans la Drôme, 4199 malades ont reçu 19 676 transfusions (hôpitaux et cliniques). A Die où l’on connait la bataille menée pour conserver hôpital et maternité, 44 malades ont reçu 335 transfusions. Dans le détail en 2010, à Valence 1074 malades ont reçu 5661 transfusions, à Montélimar 820 malades, 3899 transfusions, à Romans 589 malades 2102 transfusions, à St Vallier 110 et 303, à Crest114 et 391.

Jean Pierre Basset


[1(Révision Générale des Politiques Publiques) vise à ne remplacer qu’ un départ à la retraite sur deux dans tous les établissements publics, pas seulement chez les fonctionnaires