Romans, chaussures : le renouveau ?

jeudi 21 juillet 2011
par  Jean Marc DURAND

La chaussure de Romans fait encore rêver. En tout cas c’est ce qu’il est possible de croire en observant les différentes opérations en cours sur la cité de Jacquemart.

Tout d’abord c’est la marque Jourdan qui est petit à petit relancée dans des ateliers de production situés à Bourg-de-Péage après la fermeture définitive du site du boulevard Voltaire, sous la houlette de son repreneur le groupe Royer.

Ce groupe après avoir récupéré la licence internationale détenue en Suisse, a en effet annoncé sa volonté de faire redémarrer la production de chaussures Jourdan sur la localité. Bien que les objectifs demeurent assez limités pour l’instant, disons qu’un petit frémissement est perceptible. Du personnel a d’ailleurs été récemment embauché pour répondre à cette montée en charge. Il faut également signaler que dans les mêmes murs est à nouveau développée la production de chaussures Kélian.

Puis c’est le devenir de l’entreprise Clergerie qui a tenu le haut du pavé de la gazette économique locale. Cette entreprise a en effet été cédée courant avril à un groupe d’investissement chinois U & Fung, très présent sur le marché de l’habillement. On y retrouve Jean-Marc Louvier un ancien de LVMH qui avait participé en 2010 à l’acquisition de l’habilleur Cerruti.

Selon les déclarations des nouveaux propriétaires de l’entreprise Clergerie, leur objectif est de développer la production locale afin d’aboutir à un doublement du chiffre d’affaires actuellement de 20 millions d’euros. Pour cela ils comptent investir dans un premier temps 2 millions d’euros. Les 200 salariés de cette entreprise entrent dans une nouvelle ère en semblant être assurés de la pérennité de leur emploi. C’est un point qui mérite d’être souligné tant les opérations commerciales et financières qui ont marqué la vie de l’industrie de la chaussure locale, ont été marquées au cours de ces deux dernières décennies par des suppressions massives d’emplois.

Les communistes ne peuvent que se féliciter du nouvel élan dont semble bénéficier la production de chaussures sur le bassin d’emploi de Romans et Bourg-de-Péage.

Cette relance même si elle est encore timide, démontre que le combat que le PCF et ses élus ont mené autour de l’idée que la production de chaussures était une activité viable ici et maintenant était juste et réaliste.
Il ne s’agit cependant pas de sombrer dans l’euphorie ni dans l’angélisme.

Pour développer l’industrie de la chaussure dans notre cité, certaines conditions sont à respecter. Il s’agit d’une part de moderniser l’outil de travail et de l’autre de consacrer un effort important à la formation des personnels et à la rémunération de leur qualification. Ce n’est qu’à ce prix que la chaussure romanaise pourra faire la différence avec d’autres productions qu’elles soient nationales ou internationales. Sa qualité, sa renommée et son avenir en dépendent.

Les communistes seront particulièrement vigilants sur de telles questions. Ils sont prêts à agir avec l’ensemble des acteurs de ces secteurs auprès des instances régionales et nationales pour que ces entreprises puisent bénéficier sous le contrôle des salariés, de prêts bancaires bonifiés (à taux d’intérêts abaissés) et cela d’autant plus que les investissements réalisés participeront à développer l’emploi et la formation.

Jean-Marc DURAND - Elu municipal de Romans