Agriculture
Le G 20 de l’imprévoyance

lundi 4 juillet 2011
par  PCF Drôme

Le ministre français de l’Agriculture a fait la tournée des grands pays agricoles. Avec un objectif tellement modeste qu’il en devient ridicule : tenter d’obtenir des spéculateurs qu’ils spéculent à l’avenir avec un peu moins d’opacité qu’aujourd’hui. C’est un peu comme si on demandait au renard de se conduire de manière civilisée quand il s’introduit dans un poulailler.

Car la conjoncture est favorable aux spéculateurs. L’Union européenne refuse d’avoir des stocks céréaliers de sécurité et la situation est un peu la même dans tous les grands pays producteurs, hormis la Chine. Voilà pourquoi les prix du blé et du maïs ont doublé après la récolte 2010, quand il est apparu que l’Ukraine et la Russie n’avaient rien à vendre sur les marchés internationaux après avoir été victimes d’un printemps et d’un été très secs.

Cette année, la sécheresse touche la France, l’Allemagne, la Pologne, la Grande Bretagne et certains Etats américains . La Russie et l’Ukraine annoncent leur retour sur le marché international. Mais ces deux pays pourraient taxer leurs exportations, si des prix internationaux devaient provoquer l’envolée des Cours sur leur marché intérieur. Les parlementaires ukrainiens ont déjà voté un texte en ce sens.

Pendant que Bruno Le Maire amuse la galerie, le cercle de réflexion Oakland Institute, basé en Californie, confirme que les financiers achètent des millions d’hectares en Afrique. En 2009, quelque 60 millions d’hectares ont ainsi changé de main sur le continent. Les Echos du 10 juin, écrivent : « Dans bien des cas, ces investissements ont été réalisés de manière totalement opaque, au détriment des populations locales qui sont chassées des terres qu’elles exploitaient, de l’ environnement et de la stabilité politique des pays. Les nouveaux propriétaires remplacent les cultures traditionnelles par des cultures de rente, notamment pour la production de biocarburants et de fleurs coupées ».

Pour ce qui est de l’Europe il aurait fallu, après l’alerte de 2007-2008, stocker des céréales en prélevant sur la récolte de 2009, au lieu de brader celle-ci sur les marchés internationaux. Une telle réserve aurait permis de lutter contre la spéculation en 2010 et 2011, évitant ainsi de ruiner les éleveurs comme c’est le cas depuis un an.

Lu dans le journal « La Terre » sous la plume de Gérard Le Puill


A lire de Gérard Le Puill « Bientôt nous aurons faim » Editions Pascal Galodé 20 euros