STOCKER L’EAU A BON ESCIENT

vendredi 24 juin 2011
par  PCF Drôme

Le déficit pluviométrique constaté en France depuis la sortie de l’hiver montre que nous avons besoin d’avoir un débat serein sur la meilleure manière de disposer de réserves en eau, tout en se souciant de la protection de l’environnement et de la biodiversité. Ce débat est souvent difficile en France car abordé de manière passionnelle : les principaux utilisateurs défendent leurs intérêts et certains défenseurs de l’environnement sont braqués sur la sanctuarisation des paysages naturels.

Nous allons vers un été difficile concernant la gestion de l’eau et quelques remarques de bon sens s’imposent. Si le barrage de Serre-Ponçon n’existait pas, les habitants de la région PACA ne seraient pas approvisionnés en eau potable, qu’ils soient agriculteurs ou citadins. On peut aussi se demander quel aurait été depuis plusieurs décennies le coût des crues de la Durance, dont le cours à été régulé par le barrage.
Si les grands barrages édifiés voilà près de 50 ans en amont de Paris pour réguler le débit de la Marne, de la Seine et de l’Yonne n’existaient pas, on pourrait se poser les mêmes questions sur les conséquences de certaines crues hivernales, et plus encore sur le service en eau des onze millions d’habitants de l’agglomération parisienne.
Cela ne veut pas dire qu’il convient aujourd’hui de multiplier l’édification de nouveaux barrages. Mais on ne doit pas s’interdire d’examiner la pertinence de certains projets.

Les nappes phréatiques sont souvent très basses en France et ce bas niveau des réserves souterraines n’est pas toujours imputable au déficit pluviométrique. On pompe trop aujourd’hui dans les nappes souterraines. Ce pompage exagéré assèche trop de sources dès le début du printemps et contribue ensuite a la dégradation de nombreux cours d’eau, privés ainsi d’un bon niveau d’étiage. Pomper directement dans les nappes pour sécuriser les récoltes ne sera plus possible en maints endroits.

Mais nous avons tous besoin d’eau et beaucoup de pluies s’écoulent trop vite en France, faute de politiques adéquates pour les capter de diverses maniè­ res. Dans ce pays couvert d’une multitude de maisons individuelles, d’immeubles collectifs et de bâtiments publics, il faudrait récupérer beaucoup d’eau de pluie dans des citernes afin qu’elle arrose les jardins privés et publics, qu’elle alimente les toilettes, voire les machines à laver.

Des lacs collinaires ont été aménagés dans certaines zones de production de maïs et de tournesol mais pratiquement jamais dans des garrigues, en amont de certaines zones d’arboriculture du Midi. N’y a-t-il pas des études a faire dans ce domaine pour voir comment ne pas laisser couler les pluies d’orages jusqu’à la mer en l’espace de deux ou trois jours ?

Utilisateurs, hydrologues et écologues devraient pouvoir trouver des lieux de débats sur ces questions, sous la responsabilité d’un gouvernement soucieux de l’intérêt général. Ce serait aussi une manière de prolonger la réflexion entamée au Grenelle de l’environnement et quelque peu abandonnée depuis bientôt quatre ans.

Lu Dans le journal « La Terre » sous la plume de Gérard LE PUILL