Jeunesses de tous les pays unissez-vous !

lundi 30 mai 2011
par  Fred DEVINE

La révolte des jeunes est un des faits marquants de ces six derniers mois. Dans des pays aussi différents que la Tunisie, l’Egypte, le Portugal, l’Angleterre, la Grèce et aujourd’hui l’Espagne, la jeunesse est sur le devant de la scène.

Bien sûr, tous ces mouvements ne sont pas le fait exclusif de la jeunesse, bien sûr il faut éviter l’amalgame, néanmoins, ils sont porteurs, chacun à leur manière, de mouvements de révolte contre l’ordre établi.
Partout, une grande partie de la jeunesse se sent sacrifiée et réclame « justice sociale ». Frappés de plein fouet par le chômage et la précarité (le taux de chômage des moins de 30 ans dépasse les 40 % en Espagne !), les jeunes ont le sentiment que leur horizon est totalement bouché et ce alors même que partout ils sont, en moyenne, plus diplômés que ne l’était la génération précédente.
Payés au « lance-pierre », exclus du logement et du crédit, privé d’indépendance financière, baladés de stages sous-payés en formation bidon … ils vivent au quotidien tous les signes de l’ « exploitation capitaliste ».

Les réformes des systèmes de retraite se traduisent partout par un allongement de la durée de cotisation et de l’âge légal (à 67 ans en Espagne !). Le message est clair : vous devrez bosser plus longtemps, vous serez moins bien payés et votre retraite sera misérable … bref la triple peine ! Les jeunes n’en veulent pas ! Souvenons-nous qu’ils étaient très présents en France dans le mouvement des retraites à l’automne dernier.

Ce qui est nouveau et ce que révèlent les mouvements sociaux dans les quels les jeunes sont en première ligne, c’est qu’ils sont de plus en plus conscients non seulement de leur situation, mais au-delà, des mécanismes d’exploitation qui sont à l’œuvre.

Les « indignés » qui se réunissent toujours plus nombreux depuis le 15 mai Puerta del Sol à Madrid disent « Ya basta », mais en même temps ils font le lien avec la politique économique menée de concert avec l’Union Européenne et qui met leur pays en coupe réglée. Privatisations, casse des services publics, déréglementation, spéculation immobilière tout ce qui faisait de l’Espagne un « élève modèle » l’a conduite droit dans le mur. Aujourd’hui après avoir renfloué les banques véreuses, on demande au peuple et à la jeunesse de payer le prix fort.

Non seulement, ils ne veulent pas régler l’addition mais en plus ils aspirent à de profonds changements. Ils ne font plus confiance à ceux qui leur promettaient de « beaux lendemains » et qui symbolisent aujourd’hui la soumission aux marchés et à l’austérité.

Ils ne croient plus dans les formes institutionnelles et politiques dépassées. La « démocratie » n’est plus qu’un mot pour ces millions de jeunes qui ne se sentent ni intégrés, ni écoutés, ni représentés.

Un peu de partout le vernis craque. Dans ce contexte, les forces progressistes doivent relever le défi et créer du « liant ». Face à cette colère de la jeunesse et cette volonté de changement, plus que jamais la responsabilité des communistes dans le Front de gauche est de porter le débat sur les solutions alternatives crédibles. Comment sortir du social-libéralisme en Europe comme en France ? Comment défendre et moderniser les services publics ? Comment rompre le « mur de l’argent », augmenter les salaires, les minimas sociaux et les pensions ? Quelle politique de l’emploi ? Des droits nouveaux pour les salariés dans la gestion des entreprises : comment les arracher au patronat ? Un pôle public bancaire : sous quelle forme et pour mener quelle politique ?

Le débat doit s’ouvrir et les échéances électorales de 2012 seront l’occasion de mener la bataille en grand. A tous les niveaux tournons-nous vers les jeunes pour les impliquer et leur redonner goût à la politique. L’enjeu est d’importance.

Fréderic DEVINE
Membre du Conseil départemental du PCF Drôme