UN PRESIDENT SANS AUDACE POUR LA JEUNESSE _2_

vendredi 20 mai 2011
par  Jean-Paul STEF

Il y a une extraordinaire contradiction à proposer simultanément, dans un même lieu une "offre" éducative et un cadre répressif non négociable, à des jeunes en très grande difficultés .

L’action éducative c’est une forme de contrat, avec un cadre, des projets, un dialogue, prenant en compte la réalité d’un jeune à un moment de sa vie mais aussi les réalités sociales de son environnement, le quartier, le lycée, l’emploi, ses parents , etc …

Le cadre répressif lorsqu’il se traduit par un placement en détention c’est un enfermement non négociable !

C’est un mandat prononcé par l’autorité judiciaire .

L’expression « écrouer » une personne renvoi au temps où l’on attachait avec chaîne et écrou !

Il est clair que dans ce cas il n’y a rien à négocier .

S ‘adressant à un adolescent certes parfois grand et costaud, comme un adulte, il n’en demeure pas moins qu’il reste un individu en devenir, un mineur qui a, aux yeux de la loi, beaucoup de devoirs mais guère de droits (pas le droit d’ouverture d’un compte, pas le droit de se marier, pas le droit de voter, pas le droit de signer un bail, etc ...)
Ou l’on enferme, ou l’on fait le pari de l’éducation ...et cela suppose d’autres moyens et un vrai courage politique Le gouvernement poursuit en l’aggravant la dérive répressive des exécutifs précédents. Et oui quand on ferme des écoles ....

Je me demande si les violences manifestées dans les nouveaux E.P.M (Etablissement Pénitentiaires pour Mineurs) par certains jeunes, (trop jeunes) "détenus" ne sont pas un signe de colère et de désespoir mêlés...
Il y a un peu plus d’un an un mineur se suicidait à l’EPM de Meyzieu
En 1975 lorsque l’expérience des Centres d’Observation Fermés a avorté(Juvisy), c’est après avoir constaté dans la pratique l’échec de cet enfermement qui se voulait éducatif.

Il en était allé de même en 1968 et 1969 pour les prisons de Provins ou Coulommiers en région parisienne qui devaient permettre de contenir et d’éduquer des jeunes et de leur offrir des conditions d’hébergement plus "décentes" que celles de la vieille centrale de Fresnes .

Elles furent fermées.

L’action éducative est très difficile en période de crise .

Mais les mauvaises réponses d’hier restent aujourd’hui toujours de mauvaises réponses .

Jean Paul STEF