UN PRESIDENT SANS AUDACE POUR LA JEUNESSE(1)

lundi 16 mai 2011
par  Jean-Paul STEF

Les dernières mesures prises par Nicolas Sarkozy en direction de la jeunesse dite « délinquante » montrent à quel point il apparaît sans projet ambitieux pour les jeunes des milieux populaires, les plus paumés , les plus pauvres .

Il a pour eux, comme pour les salariés depuis son élection, des mots, toujours des mots, rien que des mots ……

En 1945 les élus de la nation avaient tiré les leçons de ce qu’avait été pour certains d’entre eux l’enfermement dans les prisons de Vichy, ou les camps de travail et de déportation nazis (relire dans l’Humanité du mardi 3 mai, le témoignage de Georges SNYDERS)

Plus jamais cela !!!
Ils avaient foi en la jeunesse, toute la jeunesse .

Personne ne devait rester sur la touche, le pays avait (a !!) besoin de chacun fut-il marginal ou « délinquant » 

C’est sur cette dynamique née de l’expérience vécue et d’un projet partagé ,celui du conseil national de la résistance, que fut proposée l’ordonnance du 2 février 1945
=un mineur est un être en devenir !
=il nous faut comprendre son acte pour lui permettre d’éviter la récidive
primauté à l’éducation sur la répression et l’enfermement

La droite a renoncé à éradiquer les causes du « mal ». Sa pratique du bouc émissaire, du sensationnel, cherche à brouiller notre vision du réel.
Alors il lui faut éliminer ceux qui apparaissent comme les semeurs de trouble .. et la prison est un outil (en cours de privatisation ) remarquable pour rassurer le bourgeois !

1945 est loin , le monde a changé il est vrai, mais on ne nait toujours pas en 2011 délinquant !
La prison reste un pourrissoir, quoiqu’y fassent les salariés de la pénitentiaire et les bénévoles des associations.
Elle n’a pas pour mission d’éduquer, de réinsérer, la loi du plus fort s’y exerce, la violence aussi .
Cette micro société reproduit jusqu’à la caricature les rapports d’exploitation et de domination de notre société civilisée.

Alors il faut sans aucun doute dans l’élaboration de notre projet partagé et dans la perspective d’une réelle alternative à gauche pour 2012, faire du neuf dans ce domaine si sensible et inviter les acteurs, magistrats, avocats, surveillants, travailleurs sociaux, militants syndicaux, élus, « usagers », familles, à penser un autre projet éducatif que les petits « goulags » à Nicolas ou Marine .

Jean Paul STEF
Membre de l’exécutif départemental du PCF Drôme
Il a été directeur départemental de la Protection Judiciaire de la Jeunesse jusqu’en 2004