FUKUSHIMA ET NOUS

mercredi 20 avril 2011
par  PCF Drôme

Plutôt faible au départ, la contamination des denrées alimentaires cultivées au Japon gagne en superficie et en intensité au gré des fuites de la centrale nucléaire de Fukushima. (…)

Il est impossible de prévoir aujourd’hui combien de produits de la terre et de la mer resteront consommables au Japon dans les prochains mois, voire dans les prochaines années. On imagine le caractère insoutenable d’une telle incertitude pour les paysans japonais comme pour 127 millions de consommateurs.

Si le riz produit au Japon devenait impropre à la consommation dans les prochains mois, il est à craindre que les spéculateurs auraient tôt fait de spéculer sur cette denrée comme ils le font depuis des mois sur le blé et les céréales fourragères.

L’accident de Fukushima aura pour seconde conséquence de pousser à l’augmentation du prix des énergies fossiles les plus utilisées dans le monde : le pétrole et le gaz. Car le coup de frein donné à l’énergie atomique et l’accélération des programmes de sortie du nucléaire dans certains pays se traduiront fatalement par une plus grande consommation de pétrole et de gaz dans les prochaines décennies.

Cela peut aussi conduire certains pays à produire davantage d’agro carburants, ce qui se traduira par de nouvelles déforestations pour cultiver des céréales, du palmier à huile, du jatropha, de la canne à sucre.
Demain, si la loi de l’offre et de la demande devait décider de tout, les consommateurs pauvres de tous les pays auraient encore plus de mal qu’aujourd’hui il manger à leur faim en raison du prix de la nourriture.

(…) la cherté des énergies fossiles nous contraindra demain à réinventer une agriculture plus économe en intrants et plus autonome en production fourragère comme en éléments fertilisants. C’est dans ce sens qu’il faudrait réformer la politique agricole commune d’ici 2013 si nous voulons assurer la sécurité et la souveraineté alimentaires des générations futures en Europe.

D’une certaine manière, l’accident de Fukushima en souligne l’urgence.

Extrait de la Chronique de Gérard Le Puill
Lu dans le journal LA TERRE du 5 au 11 avril 2011