Conflit israélo Palestinien : Contribuer a une solution juste et durable au conflit du Proche-Orient

vendredi 15 avril 2011

Pierre LAURENT Secrétaire national du PCF écrit à A Juppé ministre des Affaires étrangères

"On ne peut oublier l’impasse dramatique du conflit Israélo-Palestinien malgré l’extrême densité d’une actualité internationale marquée par les bouleversements du monde arabe et, singulièrement, par la guerre de Libye.

Il faudra bien contribuer à une solution juste et durable au conflit du Proche-Orient si l’on veut que le droit et la sécurité pour tous puissent, un jour, l’emporter et, si possible, au plus tôt. Ce qui est en train de se passer actuellement est cependant loin de préparer à une telle perspective. Bien au contraire, j’y vois des sujets d’inquiétude et risques graves pour un avenir proche. La tension monte et les incidents armés se multiplient.

Les autorités israéliennes poursuivent la colonisation des territoires palestiniens. Cette dépossession programmée crée des faits accomplis illégaux et dangereux, significatifs du refus israélien d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967, conformément aux résolutions de l’ONU.

Les communistes français condamnent l’assassinat, le 14 mars dernier, de cinq membres de la famille israélienne Fogel dans la colonie d’Itamar. Nous constatons cependant que le gouvernement israélien utilise ce crime pour accélérer encore la colonisation.

Nous vous demandons d’exprimer avec force une condamnation de ce processus illégal de colonisation et d’engager avec les autres pays de l’Union européenne, et dans la fermeté, les démarches politiques nécessaires pour exiger l’arrêt immédiat de la colonisation.

Il est d’ailleurs vraiment temps que l’Union Européenne se montre capable d’adopter une vraie politique concernant la question de la Palestine. La non résolution de cette question marque profondément et négativement les relations internationales depuis des dizaines d’années.

La contribution européenne a la résolution du conflit et au respect du droit afférent est cependant bien faible quand elle n’est pas particulièrement inopportune et inacceptable, ce que montre le rehaussement de l’accord d’association UE/Israël le 23 février, sans condition, alors qu’Israël poursuit l’occupation militaire et la colonisation, et continue à bafouer les résolutions des Nations Unies. Ces faits sont choquants. Ils auraient dû faire réagir la France avec netteté. Ce qui n’a pas été le cas.

Je souhaite enfin, Monsieur le Ministre, attirer votre attention sur un aspect diplomatique non négligeable de cette question.

Les autorités israéliennes, selon les informations dont nous disposons, prépareraient ce que certains appellent « un nouveau plan de paix » comprenant notamment la reconnaissance d’un Etat palestinien aux frontières provisoires et renvoyant à plus tard le règlement de questions aussi décisives que le statut de Jérusalem ou le sort des réfugiés. Les Palestiniens ont déjà exprimé leur refus total d’un nouveau processus de cette nature qui n’aboutirait évidemment pas à l’édification d’un Etat souverain dans les frontières de 1967.

L’édification concrète d’un tel Etat implique un démantèlement des colonies. Elle nécessite de faire de Jérusalem-Est la capitale de cet Etat. Elle suppose le respect du principe du droit au retour pour les réfugiés. L’Autorité palestinienne, dans cet esprit, a engagé une grande initiative internationale afin d’obtenir la reconnaissance de l’Etat palestinien tel qu’il fut proclamé en 1988.

L’initiative de M. Netanyahou, inspirée par l’extrême droite israélienne, ne peut, à l’évidence, offrir aucune perspective de paix qui puisse correspondre à cela. Pourtant, toujours selon les informations dont nous disposons, la réunion à haut niveau du Quartet, qui devait se tenir à Paris le 14 mars, a été repoussée au 15 avril pour donner aux autorités israéliennes le temps de préparation de ce nouveau plan... alors que celui-ci constitue manifestement une énième tentative de contournement du droit international et des conditions -que tout le monde connaît- d’une paix véritable.

Je souhaite, Monsieur le Ministre, que vous puissiez confirmer ou infirmer ces faits. Il serait consternant que la France puisse cautionner les inacceptables manœuvres diplomatiques des autorités israéliennes. Le Quartet est devant ses responsabilités.

La France pourrait donner un signe positif et fort d’une volonté d’agir pour un règlement de paix conforme au droit en prenant l’initiative de reconnaître, dès maintenant, l’Etat palestinien. Vous avez tenu des propos qui laissent penser qu’une telle décision serait possible. Je vous demande, Monsieur le Ministre, de procéder en ce sens, sans attendre la décision des autres pays de l’Union européenne qui risque de tarder d’autant plus longtemps que les divisions sont fortes (...) »

Pierre Laurent