Retraites : l’OCDE fait pression

mardi 12 avril 2011
par  PCF Drôme

Les experts de l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques, plus connue sous le nom d’OCDE, qui regroupe les principales puissances de la planète, viennent de rendre public un panorama 
des pensions 2011 qui balaie une quarantaine de systèmes de retraite à travers le monde. 


En ce qui concerne la France, l’OCDE donne sa bénédiction à la réforme de Nicolas Sarkozy. « L’allongement de la vie active par le biais 
d’une augmentation de l’âge de la retraite 
et/ou de la durée de cotisation est la stratégie payante dans le contexte français », affirme-t-elle.

Mais ce satisfecit ne relève-t-il pas de l’autocongratulation ? L’OCDE est comme 
une poule qui serait fière de son œuf, tant il est vrai qu’elle milite depuis longtemps en faveur 
d’un recul de l’âge de la retraite des salariés.

Déjà en 1998, dans un document intitulé avec 
un grand sens de l’ironie : Préserver la prospérité dans une société vieillissante, elle appelait 
les gouvernements à « encourager les gens à travailler plus longtemps ».

Elle précisait même : « Sans doute faudra-t-il aussi réformer 
les systèmes publics de retraite traditionnels 
et les autres politiques sociales et encourager 
le développement de formules destinées 
à remplacer les systèmes de retraite publics 
en donnant aux individus plus de souplesse pour planifier leur départ en retraite. L’infrastructure des marchés financiers devra par conséquent être renforcée pour absorber la forte augmentation des avoirs détenus par les fonds de pension privés. » Il s’agissait déjà de réduire les dépenses publiques de retraite pour gonfler la finance.

Aujourd’hui, donc, l’OCDE considère que toutes ces réformes engagées « marquent une avancée », mais elles ne sont pas suffisantes, elles « ne permettront toujours pas de couvrir le coût des retraites à l’avenir ». C’est bien, mais il faut aller plus loin. Il importe « d’inciter les actifs à investir davantage dans les pensions privées ». L’organisation internationale persiste, bien qu’avec la crise la valeur des actifs des fonds 
de retraite ait chuté de 20 % en moyenne dans les pays de l’OCDE entre janvier et octobre 2008.

Justement en raison des dégâts opérés 
par la crise et des difficultés de la reprise, il faut mobiliser toute la société pour que les fonds retrouvent leurs niveaux de rentabilité. 
Cela au risque d’aboutir à une nouvelle suraccumulation de capitaux et à une nouvelle crise.

On mesure l’enjeu d’une véritable réforme de progrès des systèmes de retraite : il s’agit de faire plier cette puissance des marchés financiers.
Ce n’est pas une mince affaire mais nous n’avons pas le choix.