Tarifs de l’énergie, Gaz, électricité, essence
Arrêtons le massacre !

vendredi 8 avril 2011
par  Jean Luc FARGIER

Avec + 5.2 % au 01 avril 2011, le prix du Gaz aura augmenté de 21% en 1 an et de 60 % depuis 2005. But et résultat logique de la privatisation.

La colère des consommateurs et la gifle électorale [1]
ont conduit le 1er ministre a décider le 5 avril le gel du tarif règlementé du gaz (et de l’électricité après le 1er juillet) jusqu’à l’élection présidentielle.

Le coût de l’Electricité a cru de 6.4 % en 1 an et devrait encore progresser de 3 à 4 % dans l’été, soit une augmentation de 17% depuis 2005. Une première flambée des prix consécutive à la loi NOME qui en exige d’autres !

Le prix de l’Essence a progressé de 17,3 % en 1 an ! + 50% depuis 2000.

En 2005, Sarkozy, alors ministre de l’Economie, a transformé les entreprises de service public EDF-GDF en société anonyme (SA) et ouvert leur capital. Bien qu’ayant juré 2 ans auparavant qu’il ne privatiserait jamais EDF-GDF, le président Sarkozy a privatisé, dès son arrivé au pouvoir, GDF à hauteur de 65 % du capital et autorisé la fusion avec Suez.
L’ouverture à la concurrence et le passage en S.A. devaient favoriser la baisse des prix et les investissements. Arguments fallacieux, ni l’un ni l’un ne se sont vérifiés, bien au contraire.

Avant 2005, les tarifs domestiques et industriels étaient les plus bas d’Europe. [2]

Aujourd’hui, les politiques tarifaires visent à combler « le retard » avec les sociétés privées européennes, non pour accroitre les investissements qui demeurent très insuffisants, ni pour rémunérer mieux les salariés qui enregistrent chaque année une baisse de leur pouvoir d’achat, mais seulement pour offrir des dividendes toujours plus élevés aux actionnaires.

Ces hausses de tarifs plombent lourdement le budget des ménages, déjà mis à mal par la crise, le chômage et les bas salaires : 6 millions de personnes sans emploi ou en sous emploi, la moitié des salariés touchent moins de 1500 € net/mois ; 8 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté. Cette envolée des prix va réduire gravement le pouvoir d’achat.

Les ménages les plus pauvres consacrent plus de 15 % de leur revenu aux dépenses domestiques en énergie contre à peine 6% pour les plus aisés.
Plus de 13% des ménages sont en situation de « précarité énergétique ». A cela s’ajoute encore l’augmentation de l’alimentation, de 5 à 20 % selon les produits.

Près d’un million de foyers bénéficient du tarif social Electricité ; ils ne représenteraient que la moitié des personnes concernées qui ne le connaissent pas ou trouvent les démarches trop complexes.
Le financement de ce dispositif est assuré par la fiscalité et par un prélèvement sur les factures d’une Contribution Service Public Electricité (environ 10% de la facture).
Mais l’essentiel de la CSPE est utilisé à l’obligation d’achat par EDF, à prix fort, de l’électricité des producteurs privés : cogénérations, éoliens et photovoltaïques.

Les entreprises du secteur ne sont pas à l’agonie, bien au contraire :
- Chiffre d’affaire du pétrolier TOTAL : 180 milliards € en 2008 ; 131,3 milliards € en 2009, 159,3 milliards € en 2010, soit + 27,9 %.
- Résultats nets : 11 milliards € 2008 ; 8,6 milliards € en 2009 ; 10,57 milliards € en 2010.
- Chiffre d’affaire d’EDF : 59,14 milliards € en 2009 ; 65,17 milliards € en 2010, + 10,2%.
- Résultats nets : 9.3 milliards € en 2009 ; 6,24 milliards € en 2010.
- Chiffre d’affaire de GDF/Suez : 79,9 milliards € 2009 ; 84,5 milliards € en 2010, + 5,8 %
- Résultats nets : 4,5 milliards € en 2009 ; 5,61 milliards € en 2010, + 27,9 %.

Les dividendes augmentent : +15 % en 2008, + 11 % en 2009 et + 5 % en 2010.
En 2010, GDF SUEZ a redistribué 70 % de son résultat aux actionnaires, soit 3,93 milliards d’euros !
En 25 ans, les dividendes versés ont été multipliés par 13, alors que les salaires n’ont même pas doublé 
Au lieu d’augmenter, les tarifs Gaz auraient du baisser en 2010 de 8% comme cela s’est vérifié au plan mondial !

Pour l’ELECTRICITÉ :
L’augmentation des tarifs industriels est tout aussi élevée. Les entreprises bénéficiaient jusqu’à présent d’un net « avantage concurrentiel » avec un kWh parmi les plus bas d’Europe. Comment ces entreprises vont-elles compenser cette perte ? En délocalisant ? En faisant pression plus encore sur l’emploi, les salaires ?

La loi NOME (Nouvelle Organisation du Marché de l’Electricité) [3]

du gouvernement Sarkozy-Fillon impose de vendre à perte 25% de la production issue des centrales nucléaires (financées à 100% par l’ensemble des abonnés EDF) aux fournisseurs privés concurrents.

Cette loi inique vise à « gaver » les actionnaires de ces sociétés et amène la direction d’EDF à demander au gouvernement et à la Commission de Régulation de l’Energie de fortes augmentations (jusqu’à 30% d’ici 2015) pour compenser la perte liée à la loi NOME !

Dans le 6ème baromètre Fédération Nationale des Collectivités Concédantes et Régies –source : IFOP « les Français et l’énergie »-, 95 % des Français ne souhaitent pas changer de fournisseur ; ils sont attachés au tarif régulé du service public.

Le gouvernement va à l’encontre des intérêts et de l’avis des consommateurs : Fillon s’est prononcé officiellement pour la suppression du tarif régulé en 2015.

A propos du GAZ 
Une transparence des coûts est indispensable car la stricte indexation sur le cours du pétrole ne reflète pas la réalité des prix d’achat du gaz qui a bien d’autres critères.

L’Etat doit assurer ses responsabilités et exiger une juste tarification. Il faut revenir le plus possible à des contrats long terme pour assurer la stabilité des prix, la paix et la coopération entre les peuples..

Comme en Electricité, les fortes augmentations Gaz pénalisent gravement les entreprises, notamment le secteur le plus stratégique de tous et le plus « énergétivore » : l’industrie, qui connait déjà de sérieuses difficultés liées à la financiarisation de l’économie, à l’exigence insatiable de croissance des profits.

Concernant le Pétrole et ses carburants :
Par le jeu de la spéculation et des taxes, « le marché » du pétrole tel qu’il est organisé aujourd’hui, favorise exclusivement les firmes mondiales et les Etats. Il ne rémunère pas suffisamment les pays producteurs qui, pour certains, ne répartissent pas équitablement cette manne financière.

« Le marché » n’a pas vocation à économiser une ressource naturelle épuisable, ni à lutter contre le réchauffement climatique par la limitation des gaz à effet de serre. Subissant « le marché », le consommateur paie très cher un produit dont il lui est aujourd’hui impossible de se passer.

Il faut remettre les priorités à leur place et redéfinir les règles, c’est urgent et vital.
Le marché, le libéralisme, sont incapables de réguler, et encore moins de solutionner les problèmes auxquels l’humanité toute entière est exposée. Dans l’immédiat, l’Etat doit protéger les consommateurs des violents à-coups du marché en modulant les taxes.

La production électro-nucléaire,
Comme leurs concitoyens, les communistes sont très affectés par le triple drame et les souffrances subis par le peuple japonais.
La décence et la compassion envers les dizaines de milliers de victimes du tsunami imposent le respect des familles dans la douleur et de la retenue sur les leçons à tirer de la catastrophe nucléaire en cours.
Tous les enseignements devront être tirés au plus tôt de cet accident nucléaire majeur. Les communistes veulent un débat ouvert, sans concession ni ostracisme sur cette question.

Considérer la sûreté et la sécurité comme des priorités absolues, non négociables devrait conduire ceux qui ont véritablement ces préoccupations à faire d’abord le procès de la gestion capitaliste du nucléaire civil.

Pour les communistes il y a une totale incompatibilité entre les exigences de sûreté imposant des investissements importants et les contraintes liées à la recherche d’une forte rentabilité à court terme.

Avec le capitalisme, il ne peut y avoir d’avenir pour le nucléaire civil. Seul un service public peut être garant de la sûreté avec un contrôle démocratique des usagers, des élus et des salariés
.
Les communistes demandent d’augmenter le budget de la recherche publique, des sciences et techniques, dans tous les domaines liés à l’énergie pour préparer l’avenir : énergies renouvelables, nucléaire, gaz, hydrocarbures, charbon …

Les élections législatives et présidentielles de 2012
seront le moment de changer ces politiques calamiteuses.
Ce que la Gauche pourrait faire :

Le Parti Communiste Français propose de revenir sur la majorité de ces dispositions mises en œuvre ces dernières années car elles sont injustes, malhonnêtes et dangereuses.

Il soutient l’idée d’un Pôle public de l’Energie organisé autour d’EDF et GDF Suez nationalisé et démocratisé.

Pour répondre à l’urgence sociale, le PCF propose de bannir la privation ou la restriction d’énergie pour cause de précarité. A l’image du droit opposable au logement, il faut considérer l’accès à l’Eau, à l’Alimentation et à l’Energie comme un droit imprescriptible.

Pour l’Electricité et le Gaz, nous proposons :
- Plafonner à 5 % des revenus disponibles le coût d’une consommation estimée en fonction du nombre de personnes. La différence étant prise en charge par une ou plusieurs des nombreuses taxes existantes réorientées à cet effet et non augmentées.
- Facturer uniquement au coût de fabrication et de distribution, hors taxes et profits, soit une baisse d’environ 50 %, pour les personnes dont les revenus se situent entre le plafond CMU et le SMIC (pour 1 personne) ; avec réintroduction progressive de certaines taxes jusqu’à 2 fois le SMIC (pour 1 personne).
- Décrocher l’évolution du tarif Gaz des cours du pétrole ; limiter les fluctuations annuelles à un maximum de 3 % en tenant compte des conditions climatiques.
- Créer dans chaque département un comité d’usagers du service public de l’Energie ayant compétences, en cas de problèmes, de saisine des autorités sur toutes questions relatives à la sécurité, à la qualité et à l’accessibilité de l’Electricité et du Gaz.
- Permettre aux usagers de comprendre et de maitriser leurs consommations avec le « compteur communiquant Electricité » ; en aucun cas, il ne doit être utilisé pour interrompre à distance la fourniture d’énergie.
- Abroger la loi NOME. Développer, diversifier et moderniser le parc de production qui est un patrimoine industriel national ; il ne doit pas être privatisé, ni cédé aux intérêts privés et financiers.
- Exiger un débat public sur la politique énergétique à long terme et sur le Nucléaire.
- Supprimer l’obligation d’achat par EDF (par conséquent ses abonnés ) de l’électricité des producteurs privés.
- Maintenir et améliorer le tarif règlementé dans le cadre de la mission de service public qui assure conjointement l’obligation de fourniture, l’égalité de traitement, la sécurité et la vente au coût de revient (ce dernier comprenant bien évidemment toutes les charges utiles à la recherche, à l’investissement et à l’entretien)
- Assurer la sécurité des personnes, des salariés et des biens en affectant les moyens nécessaires à l’investissement, l’entretien et le contrôle des installations.

Je soutiens ces propositions et exige qu’elles soient examinées par les élus de la nation.
NOM, Prénom
Adresse
Signature
Retour PCF 10 Rue Servan 26000 VALENCE


[1LA GIFLE
ELECTORALE
RALENTIT LES HAUSSES
Mardi 5 Avril, à 7H, les radios annoncent toutes affaires cessantes,
qu’au cours de la nuit le 1er ministre a décidé de geler les hausses
des tarifs du gaz et de l’électricité jusqu’à Juin 2012, c’est à dire
après l’élection présidentielle.

En effet la gifle électorale reçue par l’UMP est cinglante. Tous les
médias l’ont commentée. Et tous les médias avec un bel ensemble ont
totalement censuré les résultats des candidats communistes au sein du
Front de Gauche.

Tout d’abord rappelons qu’au 1er tour le Front de Gauche a réalisé
8,9% (PS 31,7 ;UMP/droite30,6% ; EE les verts 8,2% ; FN 15,1) Le PCF qui
avait 104 Conseillers Généraux sortants en perd 8 mais en gagne 17, il
passe ainsi de 104 à 113 élus, le Front de Gauche en totalisant118

Le PCF conserve la présidence des Conseils Généraux de l’Allier et du
Val de Marne, confortant la majorité d’un siège dans chacun de ces
deux départements.

Jean Pierre BASSET

[2Prix de l’électricité en Europe pour les ménages
Base 100 pour la France

France 100
Suède 118,71
Espagne 122,98
Danemark131,62
Pays Bas 138,95
Allemagne 142,12
Royaume Uni 152,52
Belgique 164,11
Italie 181,40

Source : Eurostat

[3Formation CIDEFE
LA LOI NOME
QUEL IMPACT SUR LES COLLECTIVITÉS ?
Jeudi 21 Avril
à MONTREUIL
Avec la participation de
Jean Michel BOCHATON, adjoint au Maire de Portes les Valence
Gilles PEREYRON, Conseiller municipal de St Genis Laval
Jean BARRA,
fédération CGT des mines et de l’énergie
Michel CORONAS
directeur de cabinet du Président du Conseil Général du Val de Marne
Pour s’inscrire sguillou@elunet.org