« "Agir pour reprendre le pouvoir sur votre argent... »

mercredi 6 avril 2011
par  PCF Drôme

Bancassurances : quelle démocratie ?
« Agir pour reprendre le pouvoir sur votre argent... » Une campagne pour reconquérir notre pouvoir de sociétaire…

Les assemblées générales de la bancassurance coopérative et mutualiste vont à nouveau fleurir au printemps 2011. 150 millions de clients-sociétaires vont être invités, par un courrier trop peu incitatif, à aller voter et à élire leurs représentants dans les instances locales, régionales ou nationales, des Caisses d’Epargne-Banques Populaires, Crédit Agricole, Crédit coopératif, Crédit Mutuel, ainsi que la Macif, Maif, Maaf, GMF, Groupama, MMA, Matmut…

Concrètement, dans la majorité des assemblées, il sera présenté les résolutions minimum exigées par la loi, la cooptation plutôt que l’élection de nouveaux dirigeants, et trop exceptionnellement les orientations et programme que le conseil va mettre en œuvre. Les stratégies engageant l’avenir des coopératives ou mutuelles ne seront que rarement présentées.

Quelques centaines d’élus peu pressés de mettre en place : parité, rajeunissement de leur conseil d’administration, limitations des mandats électifs et représentatifs, se les réservent, souvent au prétexte de la complexité des sujets, inaccessibles selon eux à leurs électeurs sociétaires.
Les citoyennes et citoyens sociétaires en ont tiré la conséquence soit en délégant un pouvoir sans instruction au dirigeants soit en participant peu nombreux, (souvent moins de 20%) à ces élections ou assemblées.

Pourtant, les décisions prises par les banques et assurances de l’économie sociale et solidaire ont un impact primordial sur notre économie : 60% des dépôts bancaires des françaises et français y sont effectués. 58% des français sont sociétaires d’une mutuelle de santé, 16,5 millions d’une mutuelle d’assurance.

Ce sont les premières institutions financières à peser sur les emprunts, l’investissement dans l’industrie, l’agriculture, l’innovation, la recherche, la construction dans notre pays. La loi et le statut de ces banques et assurances donnent à chaque sociétaire un égal pouvoir : « une personne = une voix ».

La délégation de pouvoir a ouvert la voie à des dérives importantes, décidées par des dirigeants ayant trop souvent cédé aux sirènes du capitalisme financier et calqué leur conduite sur celle des banques classiques. Souvenons-nous de la recapitalisation massive des Banques Populaires et Caisses d’ Epargne, et de la participation dans les subprimes de leur filiale Natixis, de la recapitalisation massive et discrète du Crédit Agricole et de ses engagements en Grèce, de la prise de possession non pluraliste par le Crédit Mutuel d’une partie importante de la presse française de l’Est de la France. Des Françaises et Français sociétaires ont choisi de déposer leur argent dans des banques qui proclament les valeurs alternatives coopératives et mutualistes.

Pourquoi ne peuvent-ils pas exercer pleinement leur citoyenneté économique en participant aux décisions stratégiques concernant l’utilisation de leur argent ?

L’Assemblée Générale est un moment essentiel pour le faire, sans attendre la création d’un référendum mutualiste qui existe déjà en Suisse. Il est difficile d’être efficace individuellement, est il possible de l’être collectivement par une présence plus nombreuse et plus active, avec des questions et des propositions ?

Comme Ap2E – Agir pour une Economie Equitable, plusieurs organisations, dont le Secours Catholique, le Secours Populaire, Les Amis de la Terre, la Plateforme « Changeons les banques », de nombreuses associations de consommateurs et des réseaux sociaux comme « Que l’abolition des privilèges des banques devienne une cause nationale »… agissent, dans la diversité, sur les questions bancaires et les rapports des banques avec les citoyens. Pourquoi ne pas organiser une action commune de présence citoyenne dans les assemblées générales ?

Il y a des questions à poser et des propositions à faire.
Où est placé l’argent ? Quel soutien financier aux PME et PMI, artisans locaux ? Quel apport aux programmes de logements sociaux ? Qu’en est-il des frais bancaires ?
Comment agit la banque face au surendettement ? L’expérience montre que lorsque dans une assemblée viennent ces questions, elles recueillent l’assentiment de nombreux participants.

Les élus locaux peuvent jouer un rôle décisif en participant à ces assemblées : les agences locales des banques et assurances jouent un rôle essentiel dans les territoires, par exemple à travers les prêts bancaires pour le développement d’emplois locaux.

Dossier complet sur
https://sites.google.com/site/ap2ebancassurance/