NON à l’exploitation des gaz de schiste

dimanche 20 février 2011
par  PCF Drôme

Les gaz de schiste connaissent un essor extraordinaire aux États-Unis. En Europe, les compagnies pétrolières commencent à s’intéresser sérieusement à cette ressource de gaz, non conventionnelle. Ce type de gaz est désigné sous le nom de gaz non conventionnel parce qu’il ne peut pas être exploité selon les modes de production classiques.

Les réserves mondiales représenteraient quatre fois les ressources de gaz conventionnel. On imagine que cela changerait la donne de la géopolitique liée aux énergies fossiles si l’on arrivait à mettre sur le marché les gaz de schiste. Ce serait l’occasion pour l’Occident de reprendre la main face à la Russie et aux pays du Sud producteurs de gaz et de pétrole.
Face aux enjeux de profit et de pouvoir, le souci environnemental ne pèse pas lourd et les bonnes intentions affichées lors du Grenelle de l’environnement sont vite oubliées.

Le problème avec les gaz de schiste est lié à leur exploitation qui cause une dégradation environnementale considérable.
Quelques mots sur la technique d’exploitation de ces gaz non conventionnels. Leur exploitation n’est rendue possible que grâce à la technique de fracturation hydraulique des roches, ainsi qu’à une récente amélioration des méthodes d’extraction, en particulier par forage horizontal. Les gaz de schistes étant dispersés dans la roche imperméable, il est donc nécessaire de forer d’innombrables puits en fracturant la roche.
Chaque puits exploitable ne l’est que brièvement, un suivant doit donc être foré quelques centaines de mètres plus loin, et ainsi de suite… À deux ou trois mille mètres de profondeur, la réunion des micro-poches à l’aide d’un explosif détonné pour chacune des brèches occasionne un véritable séisme.
La fracturation se fait par un mélange d’eau en grande quantité, de sable et de redoutables produits chimiques propulsés à très haute pression (600 bars), méthode qui génère la remontée du gaz à la surface avec une partie du redoutable liquide de fracturation.
Chaque « frack » nécessite quasiment 15 000 mètres cube d’eau, un puits pouvant être fracturé jusqu’à 14 fois. L’eau utilisée doit être ensuite traitée car elle est souvent salée et contient des métaux lourds. La multiplication des forages et des réseaux de pipes affectent gravement les paysages.

Le Ministre Borloo a osé signer un arrêté accordant à de grands groupes privés la concession du gaz de schiste en France.
Les grands groupes auxquels l’arrêté ministériel a accordé les concessions ont déjà un lourd passif de dégradation écologique. Ils ont pour nom :
• Total E&P France et Devon qui s’est vu octroyer le permis de Montélimar et dont le Maire, membre de la majorité gouvernementale se félicite !
• Schuepbach Energy (groupe associé à GDF) qui, outre le permis de Nant (près de Millau sur le Larzac), se voit attribué celui de Villeneuve-de-Berg.

Le Grenelle de l’environnement préconise de protéger les sources d’eau potables et les écosystèmes sensibles. Le Grenelle doit aussi réduire la gestion des émissions de gaz à effet de serre. La région choisie étant frappée d’une sécheresse endémique, tout particulièrement en Ardèche et en Drôme, les quantités d’eau à mobiliser sont incompatibles avec le principe de préservation des ressources aquifères énoncé à l’article 27 du même Grenelle.

Le PCF demande immédiatement l’abrogation de l’arrêté Borloo et l’arrêt de tous les forages.
Au-delà de la seule question de l’extraction du gaz de schiste, le choix énergétique durable et respectueux de l’équilibre écologique est posé.
Le PCF exige la redéfinition de la production énergétique dans le cadre d’une planification écologique et d’une appropriation sociale, collective, démocratique et solidaire, sous l’égide d’un grand service public de l’énergie.

Le PCF pose la question de la démocratie et de la transparence dans le respect des populations concernées.

Fédération de la Drôme du PCF

voir aussi sur le site du PCF national http://www.pcf.fr/8182