LE TRAVAIL, C’EST LA SANTE…

jeudi 3 février 2011
par  Giron Claudine

Il y a quelques mois les souffrances au travail (suicides à France Télécom, etc.) ont mobilisé et ému les médias. Officiellement la commission spéciale de l’Assemblée Nationale avait même considéré cela comme un « grave problème de santé publique ».

Ce constat fut vite refoulé pour mettre en place la réforme des retraites, laquelle est passée en force, alors que la pénibilité touche plus que jamais tous les secteurs professionnels avec des atteintes physiques comme psychologiques. Qu’à cela ne tienne on va tenir compte de la "pénibilité", nous dit-on.

Chaque travailleur vieillissant devra prouver, en passant devant des commissions spéciales, qu’il est tellement abîmé qu’il mérite un départ anticipé à 60 ans. Il faudra donc prouver qu’on est une victime pour s’échapper du travail. En fait on officialise que seules les maladies, les souffrances ou infirmités personnelles permettront d’accéder à un temps libre. Est-ce là, l’idée qu’on se fait du travailleur et du travail ?

Dans notre pays, nous avons encore certaines valeurs, une fierté, une dignité professionnelle, qui permet à beaucoup de tenir debout. Nous sommes atta­ chés à notre travail parce qu’il faut bien « gagner sa vie ». Certains ont eu même la chance de s’y épanouir mais les conditions deviennent tellement infernales qu’on n’ en peut plus ! Comment s’y reconnaître dans toutes ces contradictions entre le désir, la nécessité, la peur, la souffrance jusqu’à en être malade ?

Beaucoup sont abîmés, usés, stressés par des conditions de plus en plus inhumaines. Leur imposer plus longtemps un tel travail au-delà de60 ans c’est leur voler un morceau de vie !

Les manifestations massives autour du problème de la retraite ont révélé ce malaise profond qui dépasse le seul problème de la retraite. La société est très malade. Elle doit s’interroger sur la place que le travail occupe dans notre vie.
Le taux de chômage galope, la misère augmente alors que le travail, comme l’éducation, la santé, la culture, le temps libre, devraient être des droits incontournables. D’ailleurs prolonger la durée du travail tel qu’il est actuellement fera encore monter les dépenses de santé (4 à 5% du PIB actuellement sont engloutis par les coûts de la dégradation de la santé, des maladies et des accidents au travail ! )

Yves CLOT, titulaire de la chaire de psychologie du travail au CNAM (Conservatoire National des Arts et Métiers) va plus loin : « Si on se contente de réduire la durée du travail dans la vie et que la qualité du travail continue a se dégrader,c’est la retraite a 40 ans qu’il faudra revendiquer tellement nous serons usés ! »

Pour le moment ce n’est pas la retraite à 40 ans mais à 60 ans que nous devons continuer à exiger.C’est une bataille pour la qualité de vie, pour restaurer les droits chèrement acquis, pour le respect des hommes, pour ceux qui ont du travail et ceux qui n’en ont pas !

Seule une politique alternative résolument à gauche, sans concession au capital, peut nous redonner cet espoir dans un contexte de reconquêtes sociales.

Claudine GIRON
Conseillère municipale de Die
Candidate PCF à l’élection cantonale de DIE