Une triste conséquence de la précarité économique

jeudi 27 janvier 2011
par  PCF Drôme

Un agriculteur drômois a abattu en décembre un homme qu’il soupçonnait de voler des truffes sur son exploitation. Le journal La Terre, publie un dossier sur cette affaire.

Selon, Pierre Souchon, journaliste de la Terre, à Grignan on oscille entre regrets et exaspération sur fond de crises agricoles.
Un agriculteur atteste auprès du journaliste que « les temps sont durs. Si les terrains de la région n’étaient pas propices à la truffe, il ne sait pas de quoi il vivrait, alors qu’il a longtemps connu une bonne santé agricole. »

Le journaliste poursuit : l’économie rurale de cette région de la Drôme a longtemps reposé sur deux productions, la vigne et la lavande.

Pour les raisins d’abord, la crise viticole a fait des ravages : sur les dernières années, impossible de recenser les arrachages de ceps, tant ils ont été nombreux. Sans compter que l’appellation d’origine contrôlée « côteaux du Tricastin » souffre de la concurrence des vins classés côtes du Rhône, alors que le terroir est sensiblement le même. Pour ne rien arranger, le nom de l’AOC est aujourd’hui associé dans les mentalités à la centrale nucléaire, un lien qui n’emporte pas l’adhésion du consommateur ..

Du côté de la lavande, l’essence est utilisée par la parfumerie haut de gamme. Mais il s’agit d’une plante fragile, très sensible à la sécheresse et qui connaît des problèmes sanitaires réguliers, sa culture et le revenu qu’elle procure sont très aléatoires.
Le lavandin est utilisé dans l’industrie cosmétique, il est soumis à la rude concurrence chinoise.

Ce sont donc aujourd’hui les truffes « qui font bouillir la marmite » se désole un responsable syndical local. Il constate l’existence d’un véritable marché parallèle « ce sont des gens qui ont des commandes. Quand ils retourne un champs et piquent quinze kilos ce n’est pas pour faire un omelette en famille ... »
Une opacité renforcée par le fait que les chênes truffiers, classés bois et taillis par le fisc ne sont pas imposés au niveau foncier « beaucoup de choses se passent au black ».
Résultat les « pétards qui claquent, les braquages, les raclées sont monnaie courante. Mais là un homme est mort » Cet agriculteur est inquiet de voir ses collègues extrêmement tendus sur le terrain. Triste conséquence de la précarité économique conclu le journaliste


A lire aussi dans ce numéro de La Terre du 11 au 17 janvier une interview de Jean Charles Savignac, président de la fédération française de la trufficulture
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