Industrie pharmaceutique Intérêts économiques ou intérêt des malades

mardi 21 décembre 2010
par  Yvonne ALLEGRET

« Peut-on faire confiance aux agences qui ont pour mission d’évaluer la sécurité d’emploi, l’efficacité et la qualité des produits de santé ? » Telle était la question que posait le groupe des élu-e-s communistes et républicains au Sénat en janvier 2008 suite à l’affaire du Vioxx.
La commission d’information créée en 2006 à leur demande préconisait 25 recommandations. Cinq ans après, force est de constater que celles-ci sont restées lettres mortes.

Novembre 2010, c’est le scandale du Médiator, qui a fait au moins 500 victimes en France, alors que l’on connaissait depuis 1995, la toxicité d’un médicament de la même famille -l’Isoméride- produit par le même laboratoire et qui avait été retiré du marché en 1997.

Dans l’Humanité Dimanche du 25 novembre, François Autain, sénateur, membre du groupe des élus communistes et républicains s’interroge : « comment se fait-il que l’ Agence du médicament (AFSSAES) ait autorisé sa copie en 2008, compte tenu de la quantité d’informations défavorables dont on disposait sur lui ? » ?

Toujours dans cet article, le sénateur avançait quelques pistes : « le laboratoire Servier, qui commercialise ce médicament est le deuxième laboratoire français et représente une puissance économique dont l’influence sur les lieux de décisions est considérable ».

« La dépendance des autorités sanitaires, vis-à-vis de l’industrie pharmaceutique est un fait avéré … ce sont les fabricants eux-mêmes qui procèdent à l’évaluation de leur production en finançant les études, en rémunérant les experts chargés de les mener pour le compte des Etats. Ainsi le vice-président de la commission nationale de la pharmacovigilance est appointé par le laboratoire Servier ainsi que quatre experts, membres de la commission chargée d’autoriser le mise et le maintien sur le marché du médicament ! »

Le groupe communiste, républicain et citoyens et des sénateurs du Parti de gauche ont demandé la constitution d’une mission d’information.
A suivre …

Yvonne ALLEGRET