Rencontre pour un programme populaire et partagé

vendredi 3 décembre 2010
par  PCF Drôme

La rencontre nationale « Pour un Programme Populaire et Partagé » a été fort intéressante : (autour de 400 personnes présentes) et elle a pu être suivie par plus de 5000 internautes avec un forum et un « chat » permettant une certaine interactivité. Voici ici quelques idées qui ont pu être échangées lors de cette rencontre.

De nombreux intervenants ont proposé des regards complémentaires vis à vis des dernières luttes et des possibilités qu’elles peuvent nous offrir.

Ainsi pour Maryse Dumas le nombre de luttes progresse ainsi que le nombre de participants. Mais il s’agit principalement de luttes locales. Le nombre de luttes ayant un caractère national diminue. Pour elle, cela démontre une perte de crédibilité vis-à-vis des politiques nationales.

Pour autant, nous devons rester ambitieux dans notre volonté de changements radicaux de société mais nous devons en même temps rester modestes car actuellement le rapport de force n’est pas encore vraiment en notre faveur.

C’est pour cela que Francis Wurtz pense qu’il faut développer un processus de rupture avec la définition de paliers atteignables : l’appétit vient en mangeant. Il s’agit de se battre contre la grande fabrique de production de pauvres en France, mais aussi en Europe. Les causes des luttes et leurs méthodes ne sont pas les mêmes partout dans l’Europe et dans le monde. Il s’agit de se battre contre la concurrence entre les pays, pour que la Banque Centrale Européenne (BCE) soit un service public permettant entre autres de défendre l’emploi. Nous devons nous enrichir des différentes formes de luttes que l’on peut voir au sein de l’Europe et du monde nous ne connaissons malheureusement pas assez les luttes et les victoires de nos propres voisins.

Parmi les luttes internationales, des sujets comme la dignité des êtres humains et la pauvreté sont des sujets toujours d’actualité. Yvelines Nicolas rappelle à juste titre que la forêt Amazonienne a été déclarée comme un bien mondial mais que pour que cela ait un sens concret, il faut aussi faire de l’égalité des droits et de la lutte contre la pauvreté un bien commun mondial, sans cela la préservation de cette forêt est un leurre.

L’écologie que nous devons prendre en compte ne peut pas être dissociée de l’économie. Les limitations de CO2 n’ont pas de sens sans réelle contrainte économique. Les relations internationales ne peuvent pas être faite de promesses non tenues comme cela a été fait pour Haïti, elles doivent permettre de respecter les êtres humains de toutes les régions du monde.

La lutte pour la parité est aussi une lutte d’égalité. Yveline Nicolas remarque qu’un changement des instances de direction des grandes sociétés serait à ce titre nécessaire. L’Europe qui se veut sur plusieurs points exemplaire ne l’est pas à ce sujet. La BCE en est un exemple : aucune femme n’y a actuellement de poste de responsabilité.

Si la place des femmes est très importante, celle des jeunes en France est aussi capitale. Pour Joëlle Bordet, donner de la place aux jeunes est un défi. Cela ne peut pas se limiter à des conseils municipaux de jeunes ou tout au moins il faut qu’ils y aient des possibilités de réelles décisions d’actions et des financements.

La droite a peur de la jeunesse et la stigmatise. Pour répondre à des problèmes locaux elle met en place des réponses de guerre en utilisant des hélicoptères, des véhicules blindés... Au lieu de résoudre les problèmes, cela pousse d’autres jeunes à la violence. La gauche devrait entre autre permettre d’aider les jeunes de 16 à 25 ans à acquérir leur autonomie financière, un logement, de la protection sociale et du travail. La politique capitaliste n’aide vraiment pas ces jeunes adultes à prendre leurs ailes.

Comme elle décrète qu’il y a des fonctionnaires privilégiés, des personnes âgées qui seraient une charge pour l’état, elle divise les jeunes : jeunes des quartiers précaires, sans travail ni formation et, de l’autre côté, des étudiants de grandes écoles, souvent de familles mieux établies.

L’école de nos sociétés capitalistes développe la sélection et le stress. Elle n’aide pas au développement de l’esprit critique mais plutôt elle moule les jeunes dès le plus jeune âge. L’élite fait au lycée une formation scientifique non pas, par exemple, pour pouvoir faire un travail au CERN mais pour devenir le meilleur trader. L’école de notre société, qui développe l’esprit de concurrence, subit aussi la mise en concurrence au travers de politiques de résultats et la disparition de la carte scolaire. Les enseignants ne sont plus que des opérateurs devant appliquer des techniques pour améliorer les performances des individus plutôt sans lien avec le bien commun.

Et si l’école est capitale pour le devenir des personnes, la formation ne doit pas s’arrêter à l’école. Il faut permettre une formation continue tout au long de travail. Cela veut donc dire qu’il faut envisager d’autres logiques au sujet de l’utilisation du temps. Comme l’explique Paul Boccara, il s’agit de diminuer le temps de travail, avant la phase active - l’école et les études-, pendant la phase active - formations continues et aussi du temps pour d’autres activités - et après cette phase active, une vraie retraite. Lors des temps hors travail, la vie sociale continue et participe au développement économique de la société.

La sécurité du travail doit permettre des évolutions de l’emploi en passant par différentes phases de la vie active. Pour de tels objectifs, d’autres financements industriels doivent être envisagés. Des crédits à taux très bas - voire négatifs - doivent permettre le soutien d’une telle politique d’emploi sur du long terme. Cela implique aussi que les banques nationales, européenne (BCE), voire internationale (FMI) soutiennent de telles politiques et soient dans le secteur public avec un contrôle des citoyens. Une monnaie internationale autre que le dollar, comme par ailleurs le suggère la Chine, est nécessaire.

Le développement d’un temps libre et de la sécurité de l’emploi, qui sont des grands sujets de sociétés, ne sont possibles que si par ailleurs la direction de notre société n’est pas laissée à une caste financière.

Selon Patrice Cohen-Seat, cette caste, qui nous dirige, n’a plus peur du peuple. Elle a réussi à mettre en place différentes formes d’exclusion par des ghettos, du chômage, des prisons - qui isolent plutôt qu’insèrent le délinquant-. Cette caste travaille en fonction de ses intérêts. Pour changer cela, la démocratisation de la République est une urgence.

A cette fin, la gestion de l’économie doit être vraiment de responsabilité publique, les entreprises doivent être des entités sociales et non des entités de capitaux. Le pouvoir à tous les niveaux ne doit pas être laissé à des professionnels. Il faut permettre, par exemple, le renouvellement réel au gouvernement. Le citoyen doit pouvoir agir partout, dans son travail, dans sa ville mais aussi au niveau de l’Etat.

Il n’est pas possible de déléguer le pouvoir politique à des personnes qui peuvent ensuite en abuser pendant cinq ans. L’état, le gouvernement, le parlement doivent être des outils du développement des êtres humains. Ce n’est pas le cas ! Actuellement, la démocratie serait presque la dictature de la majorité d’un moment. Une VI république est vraiment nécessaire. Pour cela une assemblée constituante doit être mise en place dès le retour de la gauche en 2012.

Cela signifie aussi que de nouvelles formes économiques doivent être mises en place. La gestion de l’eau, des énergies, des transports devrait être sous le contrôle des citoyens. Il ne s’agit pas de faire des grandes structures étatiques qui, au final, ne sont pas non plus vraiment sous le contrôle du citoyen. Il s’agit en fait de mettre en place de nouvelles formes de nationalisations, de coopératives ou de Scop. Dans de telles entités, chaque personne a les mêmes droits : une personne une voix. Ce n’est plus la majorité des experts contre les citoyens. Il s’agit de faire confiance à tous en acceptant une mixité sociale.

En fait, comme le disait Maryse Dumas, nous devons, pour changer la France, pour dynamiser la société, trouver les points communs plutôt que les divisions, avancer en acceptant l’identité de chacun. Bref il nous faut avec le maximum d’intervenants vraiment à gauche, continuer le travail engagé dans l’élaboration d’un Pacte Unitaire Populaire. Ayons confiance, d’autres chemins sont possibles. A nous de les définir.

PCF DROME