PROTECTION SOCIALE :
Hôpital public « rigueur sécuritaire » ?

mardi 23 novembre 2010
par  PCF Drôme

De nombreux services de chirurgie, des maternités ont été fermés ces dernières années, d’autres sont toujours menacés, malgré les mobilisations des populations [1] Et ce, selon les discours institutionnels, au nom de la sécurité des patients.

En Sarkozie, nous ne sommes pas à une contradiction près quand il s’agit d’appliquer à l’hospitalisation publique les critères de la rentabilité financière.

Dernier exemple en date, Claude Evin, directeur de l’ Agence Régionale de Santé (ARS) d’Ile de France, ancien ministre socialiste de la santé, veut réduite le nombre de blocs opératoires de nuit ainsi que l’imagerie médicale à un seul de ces services par département.

Actuellement, six à onze établissements par département assurent les urgences de 18h30 le soir à 8h le matin, les week-end et les jours fériés. Si cette mesure était appliquée, seuls 7 services d’urgence et d’imagerie médicale resteraient ouverts contre 54. Dans ces conditions, quelle qualité de soins, quelle sécurité pour les malades ?

Selon le docteur Zarka, membre de la fédération hospitalière de France, « le problème de fond tient au financement des gardes » qui n’est plus assuré par le Sécurité sociale, mais par les ARS. La somme dont ces derniers disposent est sous évaluée par rapport aux besoins des hôpitaux. L’ARS d’Ile de France a donc décidé de ne déléguer qu’une partie des fonds et se réserve de ne distribuer le solde qu’à ceux qui assureront les urgences chirurgicales de nuit. A ce jour, les hôpitaux n’ont donc touché leur financement que pour les neuf premiers mois de l’année.

A la suite des réactions des différentes organisations de praticiens, des syndicats, des directeurs, des présidents des commissions médicales d’établissement… des réunions sont programmées pour aboutir à un projet au premier semestre 2011.

Des services hospitalier ne sont plus financés par la Sécurité sociale. Est-ce un début de privatisation ? La Région parisienne n’est certes pas la France. Mais ne faut-il pas rester vigilant ? Les mêmes causes sont-elles susceptibles de produire les mêmes effets .

Yvonne ALLEGRET


[1Plus de 30 ans que les Diois se battent pour conserver maternité et chirurgie