Construire ensemble les réponses politiques.

vendredi 29 octobre 2010
par  Jean Marc DURAND

La journée d’action du 28 octobre aura incontestablement renvoyé un signe très positif. La baisse de la participation dans la grève et les manifestations n’est pas un scoop mais qu’il y ait eu plus de 2 millions de personnes dans les rues en plein congé de la Toussaint et avec le contrecoup du passage en force de la loi au Sénat et à l’Assemblée nationale, est un vrai succès.

Un succès qui constitue d’ailleurs un formidable tremplin au développement POUR la lutte et son inscription dans la durée. Nous sommes entrés dans un véritable marathon social, les formes d’actions sont en train de s’adapter à cette nouvelle réalité, mais une chose apparaît clairement : salariés et citoyens ne veulent pas lâcher. Cela tient pour une large part à la perception de plus en plus lucide qu’ils ont des enjeux que recoupe leur lutte. Ils ont conscience que les questions auxquelles ils s’attaquent sont de gros morceaux et que se joue une partie considérable pour leur avenir, celui de leurs enfants et de la société tout entière.

Un enjeu de société qui renvoie directement aux réponses politiques à construire. Et il n’y a pas de temps à perdre. Trop souvent la gauche paraît empêtrée dans un positionnement qui va de l’ultra-libéralisme à la surenchère verbale. Cela manque de contenus clairs, argumentés, précis, sérieux, radicaux et réalistes alors qu’ il y a besoin d’une gauche qui s’engage sur des choix audacieux affrontant franchement la question des marchés financiers et du rôle des institutions européennes, en premier lieu de la B C E.

Le mouvement revendicatif a transformé en une vraie probabilité, ce qui n’était encore qu’une vague espérance, il y a quelques mois : la défaite de N. Sarkozy et de la droite en 2012. Mais pour que cela devienne réalité, il est urgent de proposer une politique qui redonne espoir, qui ouvre une nouvelle ère sociale, démocratique, écologique. Cela passe par la construction de changements politiques profonds en rupture avec les choix capitalistes qu’incarnent le Médef, la Commission de Bruxelles et le FMI.

À cela nous ne parviendrons que si TOUS ceux qui luttent aujourd’hui deviennent acteurs du mouvement politique et ne se contentent pas en 2012, de solutions par défaut. Il faut qu’ils s’en mêlent pour décider ensemble de ce que la gauche devra faire. Cela suppose d’ouvrir sans tarder dans tout le pays le chantier d’un programme populaire et partagé, à porter dans les luttes jusque dans les élections de 2012 et au-delà.

C’est le sens du pacte d’union populaire que propose le parti communiste, un pacte fondé sur un projet, un programme co-élaboré, partagé et porté par celles et ceux qui veulent que la gauche réussisse.

Les communistes ont engagé cette démarche pour réussir le changement et donner un nouvel élan au Front de Gauche. Leur ambition, avec laquelle leurs partenaires du front da gauche sont en phase, est d’élaborer avec des milliers d’acteurs du mouvement social un programme populaire et partagé.

Nous proposons trois axes d’initiatives pour y parvenir :
1/ Ouvrir ce processus de construction par des initiatives au plus près des réalités locales et sociales de nos concitoyens. Pour faire connaître notre démarche, un Cahier Citoyen, sorte de cahier de doléances permettant d’aller directement à la rencontre des gens, est disponible.

2/ Mener ce processus avec le plus grand nombre. C’est-à-dire avec nos partenaires du Front de Gauche mais aussi bien plus largement car vaincre en 2012, suppose de rassembler bien au-delà des actuelles frontières du Front de Gauche.

3/ Contribuer par notre apport communiste à rendre ce processus le plus populaire possible. En cela la multiplication des prises d’initiatives sur le terrain sera déterminante, venant nourrir ou prolonger des initiatives à dimension nationale. Un meeting du PCF est dores et déjà prévu le 8 novembre à Paris, suivi de la tenue les 26, 27 et 28 novembre, d’une rencontre nationale du projet visant à rassembler 400 personnes, des responsables et des élus communistes, des acteurs du mouvement social et des intellectuels. La rencontre nationale des animateurs de section, le 8 janvier 2011, sera l’occasion de faire le point sur la mise en œuvre de cette démarche et des contours du programme populaire et partagé.

Cette démarche est en lien étroit avec les échéances électorales à venir, cantonales et sénatoriales de 2011, à la faveur desquelles notre démarche de rassemblement à gauche et de construction d’une alternative politique crédible et radicale doit prendre un nouvel essor.

Jean-Marc DURAND.