Réflexion sur les luttes ....

vendredi 29 octobre 2010
par  PCF Drôme

Ce matin au café dans une entité d’une grande entreprise un responsable syndicaliste propose aux cadres se trouvant là de soutenir une petite entreprise menacée d’un plan social. Même si ce combat est à soutenir il faut remarquer qu’aucune pétition n’a été proposée dans l’entreprise pour les retraites par répartition et que seul ce matin le tract de l’intersyndicale pour le soutien des retraites a été donné. Au cours de la conversation ce syndicaliste signale que dans l’entreprise à peine plus d’un pourcent des salariés participent à des manifestations. Parmi eux il y aurait essentiellement des représentants syndicaux et quelques personnes de la production syndicalisées.

Ce syndicaliste apprend à ses interlocuteurs « qu’avec un mot d’ordre national nous pouvons faire grève très facilement, il suffit d’envoyer un email à la Direction des Ressources Humaine ou à défaut à la secrétaire pour nous signifier en grève ». Je rectifie dans le privé un mot d’ordre national n’est pas nécessaire et il est donc possible de se déclarer en grève quand les personnes le souhaitent, aucun préavis n’est nécessaire.

Ce syndicaliste explique au groupe de cadres présent « qu’avec le forfait jour les secrétaires sont bien embêtées si nous nous déclarons en gréve moins d’une demi journée. Dans ce cas -il ne faut pas trop le dire aux non cadre- nous sommes donc comptabilisés comme gréviste mais nous sommes payés comme si de rien n’était ». Et il renchérit « au fond c’est normal car de tout manière le travail reste là et tout le monde sait bien que nous ferons le travail y compris plus tard en faisant des heures en sup’. Nous pouvons même nous déclarer en grève et continuer le travail ... »

Ce discours entretient une justice de classe et de soumission : certes les cadres sont exploités par la flexibilité mais ils sont bien payé et ont des droits que d’autres salariés n’ont pas. Comment pouvoir avec une telle argumentation faire cause commune avec les non cadres ? Ne faudrait-il pas plutôt se battre contre cette flexibilité et pour que les droits soient les mêmes pour tous ? Et si les heures chômées sont payées, ne doivent-elles pas l’être pour tous ?

Le patronat ferme peut-être les yeux sur les cadres car ils sont souvent minoritaires dans les grèves et comme ce syndicaliste le dit si bien « des objectifs nous sont assignés et il faut bien d’une manière ou d’une autre les remplir même si nous faisons grève ». N’est ce pas là aussi une forme de soumission organisée ? Les objectifs fixés par la hiérarchie ne sont pas réalistes, les salariés -cadre ou non cadre- s’en plaignent régulièrement. Ces objectifs sont un peu comme une épée de Damoclès : un nombre trop important d’objectifs non réalisés sont autant d’éléments pour licencier les personnes dans un conflit ou un « plan social ».

Rien d’étonnant quand par la suite dans d’autres conversations il apparaît que « [les cadres] sont hostiles à cette contre réforme mais ne savent pas que faire et que de toute manière tout serait joué d’avance ». Rien d’étonnant que ce syndicat appelle à des manifestations le samedi. Oui les manifestations le samedi sont aussi nécessaires essentiellement pour des salariés de petite entreprise n’ayant pas d’élu du personnel et pour lesquels une grève est particulièrement compliqué. Mais il s’agit de manifestation comme en Allemagne qui ne perturbent pas l’économie et qui au final permettent des compromis « gentils » entre le patronat et les syndicats. C’est évidemment oublier qu’une grève doit perturber l’économie des entreprises et au final perturber l’économie de l’Etat. C’est ce type de perturbation qui peut permettre de faire changer le rapport de force. Une grève est faite pour se remettre à une table de négociation quand les salariés n’arrivent pas à ce faire entendre. C’est d’ailleurs aussi une bonne raison pour expliquer que des grèves de quelques heures sont en fait contre productives puisqu’elles ne perturbent pas vraiment l’économie en dehors des chaînes de production.

Faire une grève pour comptabiliser le nombre de personnes qui sont hostiles à un projet n’est pas suffisant quand le gouvernement actuel se moque des sondages, indique qu’il a été élu pour gouverner et que la rue n’est pas là pour gouverner. Que le mouvement se radicalise n’est pas surprenant, en fait ce qui est surprenant c’est plus que ce ne soit que maintenant.

Un camarade du PCF.
Mardi 12/10/2010, soir d’une grande journée de manifestation.


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