Les retraites et la gauche

lundi 25 octobre 2010
par  PCF Drôme

On peut se réjouir que toutes les forces de gauche soient pour la retraite à 60 ans.

Pour le communiste André Chassaigne « la retraite, c’est une revendication de bien être, mais c’est surtout une dette de la société pour les richesses créées par les salariés »
Mais pour vivre cette retraite de qualité, avec les pensions le permettant, ni le retrait de la réforme, ni le statut quo ne sont suffisants.
Il faut donc conquérir, en premier lieu, le financement permettant à tous les retraités une pension digne de ce nom.

Quelles propositions à gauche ?

Aujourd’hui, les approches à gauche sont différentes concernant le départ à 60 ans. Elles sont différentes tant sur la durée des cotisations que pour assurer le financement du système des retraites.

A l’Assemblée nationale, le PCF et le PG ont déposé un amendement visant à abroger l’article portant sur la durée des cotisations et ses modalités de calcul. Le PS s’est abstenu.

Pour Marisol Touraine, députée PS, « … parmi les mesures démographiques retenues, la seule qui est juste, à nos yeux, est l’allongement de la durée de cotisations, car elle tient compte de l’âge de début d’entrée dans la carrière professionnelle. A partir du moment où l’espérance de vie s’allonge, plus particulièrement l’espérance de vie en bonne santé, il est normal qu’une partie du temps gagné soit consacré à l’activité... »

Pour le PCF l’âge de la retraite à 60 ans ( avec 75% de ses revenus sur la base des six derniers mois pour la fonction publique et des dix meilleures années dans le privé) doit être un droit réel. Il faut donc prendre en compte les années d’études, les années d’inactivité forcées.

LES PROGRES DE PRODUCTIVITE JUSTIFIENT DE TRAVAILLER MOINS
Le PIB a doublé entre 1970 et 2010 et ça avec la mise en œuvre d’une augmentation du temps libre (35h, congés payés, retraite plus longue). Le COR (Conseil d’Orientation des Retraites) prévoit son doublement d’ici 2050.

Les réformes Balladur/Fillon ont déjà des effets mesurables. En 2007 avec les 40 année de cotisations, seulement 44% des femmes et 86% des hommes ont pu valider une carrière complète. Alors avec deux ans de plus ... ?
QUE PROPOSENT-ON A GAUCHE ?

Les socialistes veulent

- mettre à contribution certains revenus du Capital bonus et stock option (de 5% à 38% comme le propose la Cour des Comptes)

- Relèvement du forfait appliqué à l’intéressement (de 4% à 20%).

- Application de la CSG sur les revenus du Capital actuellement exonérés (rappelons que la CSG a contribué à fiscaliser les prélèvements sociaux pour la retraite au dépens des cotisations)

- Augmentation de 0,5% de la Taxation de la Valeur Ajoutée ( Ne peut-on s’attendre à ce que les grands groupes délocalisent une grande partie de la valeur ajoutée en délocalisant les profits pour échapper à cette taxe censée remplacer la TP ?)

- Augmentation des cotisations salariales et des entreprises , étalée dans le temps, doit plus 0,1 point de 2012 à 2021

- surtaxe de 15% de l’impôt sur les sociétés acquitté par les banques

Toutes ces propositions contribuent à aggraver la tendance à la ficalisation des ressources de la Sécurité Sociale et des retraites contre le système solidaire de répartition basé sur un financement assis sur la mase salariale : emplois et salaires

Emplois et salaires, qui sont, pour le PCF, la base du système par répartition. C’est pourquoi il est nécessaire

- de faire cotiser les revenus financiers au même taux que les revenus du travail

- de moduler l’assiette des cotisations en fonction de la politique de l’emploi et des salaires des entreprises

- de supprimer les exonérations des cotisations sociales et utiliser les subventions que l’Etat octroie en compensation pour alimenter les Fonds national et régionaux pour l’emploi et la formation.

Rappelons que l’emploi est déterminant dans les financements des retraites du fait que les cotisations servent à payer les pensions des retraités sans passer par le marché financier.

Paul GOYARD