Journée internationale de la paix :
comment agir aujourd’hui ?

jeudi 30 septembre 2010
par  PCF Drôme

Agir pour la paix, construire la paix... c’est aujourd’hui un défi et une urgence alors que les dépenses d’armement dans le monde ne cessent de croître et dépassent les 1500 milliards de dollars par an.

Il est choquant de devoir constater, en même temps, qu’un milliard de personnes souffrent de la faim tandis que les Objectifs du Millénaire pour le Développement -définissant pourtant des ambitions minimum en matière de développement et de lutte contre la pauvreté- ne seront pas atteints. Même les 0,7% du PIB pour l’aide publique au développement restent un rêve pour les « Pays les moins avancés » alors qu’il s’agit d’un engagement de ce qu’on appelle la « Communauté internationale » depuis les années 70.

Cette situation désastreuse pour l’ensemble des peuples du monde appelle un sursaut politique et des décisions majeures touchant à l’ensemble des règles et des institutions qui fondent les relations internationales. Nous avons besoin d’un nouvel ordre international qui puisse assurer la paix et la sécurité dans la satisfaction des besoins sociaux et dans une lutte sans merci contre les stratégies néo-impériales, contre les mécanismes de prédation et d’exploitation générateurs de pauvreté massive et d’inégalités insupportables. C’est sur le terrain de la vulnérabilité économique et sociale que naissent les guerres et la violence politique. Il y a urgence à faire reculer les politiques de puissances, à traiter les conflits et les insécurités qui se nourrissent du mépris des conditions d’existence, des droits et de la dignité des peuples.

On ne peut marquer la journée internationale de la paix, sans souligner l’impasse consternante, et pourtant prévisible, des négociations israélo-palestiniennes en cours. Non seulement le Premier Ministre israélien refuse le geste minimum d’une poursuite du gel de la colonisation, tout en maintenant son refus de toute application des résolutions de l’ONU, mais il reformule aux Palestiniens l’exigence de la reconnaissance d’Israël comme Etat juif, au mépris des 2 millions d’arabes palestiniens, citoyens de ce pays. Une telle exigence confirme à la fois la volonté de poursuivre la colonisation en Palestine et l’inacceptable discrimination dont sont victimes les Palestiniens d’Israël : une discrimination qui prend des formes multiples et qui s’aggrave.

Le refus de négocier, le refus d’application du droit international, le refus du principe même d’égalité entre les peuples sont porteurs de tensions exacerbées et de violence. C’est une politique permanente d’agression. Par leur soutien politique et militaire à Israël, ou leur passivité, les Etats-Unis et les Européens, et notamment la France, portent une responsabilité directe dans cette situation lourde de menaces pour l’avenir. Plus que jamais s’impose le besoin de sanctions contre la politique israélienne et de mobilisation pour une paix dans la justice et le droit et dans la sécurité pour tous les peuples.

La responsabilité de Washington et des pays européens est aussi engagée dans les autres guerres et conflits du Moyen-Orient, notamment en Afghanistan. L’intervention militaire de l’OTAN est considérée par une majeure partie du peuple afghan comme une occupation. Elle ne contribue en rien à la paix. Elle contribue au contraire à une détérioration préoccupante de la sécurité au profit des groupes de l’islamisme politique le plus violent que l’on prétend pourtant combattre.
Agir pour la paix aujourd’hui c’est d’abord agir pour le retrait d’Afghanistan des troupes françaises et des troupes de l’OTAN, pour une véritable politique de reconstruction, pour la recherche d’un consensus régional favorisant la sécurité et la confiance, pour la convocation d’une Conférence internationale de paix sous l’égide de l’ONU afin de définir et garantir les conditions et les moyens d’une paix véritable.

On ne peut marquer la journée internationale de la paix sans souligner l’importance cruciale du désarmement sur le plan mondial et notamment du désarmement nucléaire. On voit comment l’enjeu du désarmement nucléaire et de la non-prolifération est lié aux conflits et aux crises. On ne peut avancer sur la voie de l’élimination de l’ensemble des armes nucléaires sans progrès réels dans le règlement de ces conflits.

Une paix durable au Proche-Orient doit prendre en considération l’enjeu nucléaire et poser la question du déséquilibre de la sécurité issu de l’existence du nucléaire israélien.

Pour construire une zone de paix, exempte de toute arme nucléaire au Moyen-Orient, il est indispensable aussi de résoudre la crise du nucléaire iranien et d’engager un grand effort multilatéral, dans le cadre de l’ONU, pour redéfinir les conditions de la sécurité et d’un processus de désarmement et de démilitarisation d’ensemble.

La paix est un défi global et une responsabilité collective qui demandent aujourd’hui un engagement politique, une mobilisation citoyenne, une conscience élevée des réponses nécessaires aux impasses dangereuses dans lesquelles les stratégies de domination et les politiques de guerre et de puissance ont conduit. Construire la paix aujourd’hui c’est agir indissociablement pour le désarmement et pour résoudre les crises et les problèmes du nouvel état du monde en ce début de 21ème siècle.

Jacques FATH
Responsable des relations internationales du PCF