Les Centrales d’Achat de la Grande Distribution ne laissent que les noyaux aux producteurs de pêches drômois.....

mardi 17 août 2010
par  MD

LES CENTRALES D’ACHAT DE LA GRANDE DISTRIBUTION NE LAISSENT QUE LES NOYAUX AUX PRODUCTEURS DE PÊCHES DRÔMOIS.....

Comme l’année dernière et malgré les promesses de Sarko, Fillon et du Ministre de l’Agriculture, les centrales d’achat de la grande distribution récidivent ....

Les responsables drômois de la FDSEA viennent de dénoncer les pratiques prédatrices des Grandes surfaces drômoises.

On connaissait le système consistant à importer massivement les fruits d’une production particulière juste avant la mise sur le marché des productions drômoises. Cette pratique obligeait les arboriculteurs à baisser significativement leurs prix auprès des Leclerc, Auchan, Intermarché et autre Casino pour arriver à écouler leurs fruits ramassés et emballés.

Suite aux récentes mobilisations de ces dernières années, le gouvernement a été dans l’obligation de se prononcer en faveur des agriculteurs français et après un simulacre de conférence nationale entre le ministre et la grande distribution, les importations massives ont été délaissées parce que "ça la foutait mal pour le grand commerce".

Oui, mais voilà, la grande distribution communique désormais dans ses supers et ses hypers en louant ses pratiques vertueuses.
Désormais les fruits vendus aux consommateurs sont médiatisés comme venant de producteurs locaux, histoire de rasséréner des acheteurs-consommateurs citoyens....

La réalité est moins reluisante pour les grands groupes de l’alimentaire. En effet, dans le département de la Drôme les arboriculteurs devraient vendre leurs pêches à au moins 1,15€ pour couvrir les coûts de production (entretien, ramassage, emballage..).

Or, cet été , les centrales d’achat commencent la campagne de la production de pêches en réduisant au maximum leur commande d’achat de pêches obligeant les producteurs, qui ne peuvent garder leurs cagettes de pêches trop longtemps ( les fruits ne se conservant pas longtemps,…) à vendre leur production a 0,90€ ou 1€ : à perte. Alors qu’ils sont vendus dans les centres commerciaux du département a 2,25€ ; 2,50€ voir 3€ !!!

Malgré la maladie de la Scharka qui a donné lieu à de nombreux arrachages de pêchers, la DRÔME est toujours l’un des plus importants producteurs de ce fruit gorgé de vitamines, de sucre et de soleil.


Pour ce qui concerne cette année, la FDSEA 26 souligne “« que la production de pêches est de 10% inférieure à 2009 . »” L’argument " de la surproduction n’est pas de mise cette année" indique le syndicat agricole qui analyse « ces pratiques comme relevant uniquement de la recherche du profit maximum.
 »

Pour l’instant le Préfet de la Drôme est aux “abonnés absents” . Le ministère de l’agriculture, idem.


Si nous ne pouvons que soutenir la démarche de la FDSEA dans ce dossier local, nous ne pouvons passer sous silence les nombreuses compromissions de ce syndicat agricole qui, voulant à tout prix être le syndicat interlocuteur "officiel" du ministre, donne son aval à de nombreuses décisions qui, au nom de l’Europe, tuent progressivement l’agriculture à taille humaine, de qualité et de proximité, pour le plus grand bonheur des grandes exploitations-entreprises-agricoles souvent en ligne directe avec l’UMP.

Les communistes drômois rappellent qu’ils ont proposé la mise en place pour la filière fruits et légumes, très présente en Drôme et en Rhône-Alpes, le coefficient multiplicateur qui garantit aux producteurs des revenus décents, supprime les profits des intermédiaires et impose aux grandes surfaces des prix de vente sans les marges exhorbitantes appliquées aujourd’hui.


Pour sa part, la Confédération Paysanne déplore que le coefficient multiplicateur n’ait toujours pas été testé, qu’aucun moyen capable de soutenir les producteurs ne soit proposé, qu’aucune solidarité nationale ne soit prévue en cas de situation de crise (problèmes climatiques, mauvaise production et cours trop bas pour garantir la viabilité de la filière).

Le MODEF a rappelé moult fois que les prix de vente des producteurs devaient tenir compte des coûts de revient de chaque production, plus la marge dont a besoin l’exploitant pour vivre, que le coefficient multiplicateur, s’il était mis en place, rendrait ce système de fixation des prix possible. De plus, des « leviers » existent au niveau européen : la préférence communautaire, la clause de sauvegarde. S’ils étaient mis en œuvre, ces outils permettraient non seulement de sauvegarder nos filières agricoles, mais aussi, en prélevant des taxes sur les produits extra communautaires d’aider les paysans des pays en voie de développement à produire des cultures vivrières.

L’enjeu est de taille, c’est pourquoi comme les syndicats paysans, les élus communistes souhaitent une véritable concertation qui débouche sur des réformes structurelles indispensables dans ces filières. Les paysans doivent pouvoir vivre dignement de leur travail, leur activité doit être préservée et le « cercle des crises à répétition » doit être stoppé !