Dérive présidentielle sur les terres du Front National

lundi 2 août 2010
par  Communication Pcf 26, Johny BESSY

Tout démocrate, tout républicain ne peut qu’être très préoccupé, très inquiet de la situation politique créée au cœur de cet été par le Président de la République.

Pour imposer un cran supplémentaire dans la purge sociale ; pour détourner l’attention de l’injustifiable contre-réforme antisociale des retraites ; pour tenter de faire oublier le délétère climat créé par l’affaire « Woerth-Bettencourt », M. Sarkozy prétend remettre la lutte pour la sécurité au centre de tout.

Cela fait huit ans déjà qu’il nous refait le coup sans que la délinquance et l’insécurité ne reculent. Il veut retourner ce cuisant échec en axe politique permanent en attisant, les peurs, les divisions et les diversions. Il vient de pousser le curseur très à droite.

Ses propos suintaient une telle puanteur qu’ils ont sali d’une boue noire les belles valeurs de notre république et des principes constitutionnels. Comme à de sombres époques il a désigné à la vindicte populaire un ennemi de l’intérieur : l’étranger. Etranger et donc coupable de tout.

Il se veut le président d’un pays où il y aurait deux catégories de Français. Ceux dit de naissance et ceux qui, nés sur notre sol, auraient une origine étrangère. Ils seraient des Français au conditionnel !

Dans un odieux amalgame, il a mis un trait d’égalité entre banlieue, immigration, et délinquance. Il veut déchirer l’ordonnance de 1945 sur les enfants mineurs, bafouer le droit du sol, la charte des droits de l’enfant, remettre en cause la possibilité d’appréciation d’une peine par les juges et ment en laissant croire que les immigrés en situation irrégulière percevraient des prestations.

Une analyse sérieuse de son discours permet de démontrer aisément qu’il s’agit de reprises du programme du Front National. La famille Le Pen lui a d’ailleurs immédiatement demandé d’aller jusqu’au bout de sa démarche en réformant le code de la nationalité.

Après l’odieuse campagne sur l’identité nationale du sinistre ministre Besson, c’est la première fois depuis 1930 qu’un président de la France tient des propos d’une telle gravité dans la xénophobie, le racisme latent, l’exclusion.

Chaque jour désormais M. Sarkozy déclare une « guerre nationale. » Un jour les gitans, un autre les jeunes, un autre encore les étrangers. Il n’aime pas cette France multicolore qui s’est illustrée lors des championnats d’Europe d’athlétisme !

Mais pas question pour lui de livrer combat à la pauvreté, au chômage, aux salaires trop bas, à la précarité, au mal logement, aux quartiers en difficulté qui génèrent partout de la désespérance sociale.

Son langage guerrier et martial vise à camoufler les urgences sociales et à montrer aux forces de l’argent dont Mme Bettencourt est la figure de proue qu’elles peuvent compter sur lui.

La situation nouvelle ainsi créée est gravissime et très dangereuse.

Au cœur d’une violente crise où les puissants continuent de s’enrichir, où des milliardaires fraudeurs du fisc et des ministres apparaissent intouchables, un président de la république élu sur la base de multiples mensonges, de plus en plus discrédité, s’arc-boutant dans une telle fuite en avant aux relents vichystes devient dangereux pour les libertés et la démocratie. Il crédite et valide les idées de l’extrême droite.

Cela peut préparer un régime autoritaire.

Voila qui commande à tous les démocrates, à tous les républicains, aux associations et forces progressistes de s’unir rapidement dans une large riposte à la mesure des attaques portées contre nos principes et valeurs républicains.

Publié dans l’Humanité le 2 août 2010 par Patrick Le Hyaric