Retraite : Pénibilité : des nouveaux droits

samedi 19 juin 2010
par  PCF Drôme

A écouter les médias, c’est comme s’il n’y avait pas de différence entre la retraite d’un cadre supérieur, d’un ouvrier du bâtiment et d’une femme qui a travaillé par intermittence.

Et pourtant l’espérance de vie est de 76 ans seulement pour les ouvriers. Soit 6 années et demi de moins que pour les cadres supérieurs.

La possibilité pour les ouvriers de mourir avant 60 ans est de 26%. Dans l’Humanité Maurice Ulrich révèle « si elle était reporté à 65 ans , un million et demi d’ouvriers seraient déjà morts. Ils ne connaitront jamais une vie sans travail. La solidarité à laquelle ils auront contribué pendant toute une vie de labeur ne leur servira à rien »

Méconnaissance, indifférence, mépris ? Pour ceux qui a l’instar de Dominique Strauss Kahn sur France 2 se glose sur l’espérance de vie portée à 100 ans.

En plus il y a la souffrance. Celle-ci est telle qu’à partir de 55 ans deux salariés sur trois sont inaptes ou malades. Ils sont licenciés écartés du travail par les employeurs.

La question est donc posée d’instaurer un droit de départ anticipé en retraite pour les salariés ayant effectué des travaux pénibles… les critères d’admission sont reconnus : avoir été exposés à des efforts lourds (manutention, postures pénibles, contraintes articulaires ,etc …) à un environnement agressif (chaleur, froid, produits toxiques, agressions morales, physiques, etc …) à des rythmes de travail contraignants ( nuits, alterné, travail à la chaîne, etc …)

La CGT défend la proposition d’un droit à cessation anticipée d’activité en fonction de la durée d’exposition à des travaux pénibles. Ce droit serait financé par une cotisation des entreprises, mutualisée et modulable selon leurs efforts de prévention, l’essentiel étant bien de viser la réduction à la source des causes de la pénibilité.

A la suite du Medef qui avait fait capoter les négociations en 2008, le gouvernement s’oppose à cette revendication « je ne veux pas recréer des régimes spéciaux » a déclaré Eric Woerth, ministre du travail. Est envisagé que seuls les travailleurs malades pourraient être éligibles à un départ anticipé.

Une raison supplémentaire de contribuer au succès des manifestations du 24 juin.

Yvonne ALLEGRET