Conférence d’examen du Traité de non-prolifération

Désarmement
dimanche 16 mai 2010
par  Johny BESSY

Le PCF présent à New York pour la Conférence d’examen du Traité de non-prolifération

Une forte délégation de 250 français participe, à New York, aux initiatives organisées par les mouvements de paix dans le cadre de la Conférence d’examen du traité de non-prolifération.

De nombreux communistes, élu-e-s et militant-e-s, dont Claire Chastain qui participe aux travaux du Comité de Coordination Internationale du réseau « Non à la guerre - Non à l’OTAN », participent et contribuent activement aux activités prévues.

La Conférence des ONG pour le désarmement ou encore la manifestation internationale pour la paix et pour l’abolition de l’arme nucléaire, a rassemblé plus de 10000 personnes dans les rues de Manhattan, le 2 mai.

Lors de la Conférence des ONG et devant plus d’un millier de militants pacifistes, le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-Moon, a souligné le rôle de la société civile et des militants pour la paix dans l’action en faveur d’un monde plus sûr.

Le PCF souligne à cette occasion l’importance du respect et de l’application du Traité de non-prolifération qui exige de la part de tous les pays signataires, un engagement en faveur d’un désarmement nucléaire multilatéral et contrôlé.

Parti communiste français

Paris, le 7 mai 2010


Appel. Face à l’oligarchie de la terreur, désarmons maintenant !

L’appel de responsables d’organisations pacifistes du monde entier.

Pourquoi le Traité de non-prolifération doit-il être soutenu et renforcé  ?

Aujourd’hui, notre monde est confronté à des crises d’une ampleur sans précédent  : le réchauffement climatique, la pauvreté, la guerre, la faim et les pandémies. Elles menacent l’avenir même de la vie telle que nous la connaissons et apportent chaque jour la mort, le chagrin et la souffrance pour nombre des habitants de notre planète.

Pourtant, ces problèmes sont presque entièrement les résultats de l’action humaine et ils peuvent tout aussi bien être résolus par l’action humaine.

Une opportunité sans précédent s’offre à nous pour créer la volonté politique de disposer enfin des richesses et des ressources de manière à satisfaire les besoins de tous les peuples et permettre à tous de vivre ensemble dans la paix et la justice.

Tel est le désir de la majorité écrasante des peuples, et pourtant nous sommes confrontés à une situation où les dépenses militaires mondiales – de l’argent pour tuer – ont maintenant atteint un total de 1 460milliards de dollars en 2008.

De plus, neuf pays maintiennent des arsenaux d’armes nucléaires – au total, plus de 23 000 têtes nucléaires. Ces armes particulièrement destructrices peuvent non seulement détruire la vie sur notre planète – à plusieurs reprises ( !) – mais sont également utilisées comme armes politiques de terreur, renforçant l’injustifiable inégalité du monde.

L’éradication de ces armes mettra fin non seulement à la menace d’anéantissement du monde et à cette oligarchie de la terreur, mais libérera des ressources considérables pour lutter contre le changement climatique et la pauvreté, ouvrant la voie à une nouvelle tendance mondiale en faveur de la démilitarisation qui rendra d’autres progrès de l’aspiration humaine possibles.

En dépit des obligations découlant des traités et des résolutions et des décisions internationales au cours des décennies qui ont suivi les bombardements nucléaires criminels du Japon par les États-Unis en 1945, les États dotés d’armes nucléaires n’ont pas réussi à éliminer leurs armes nucléaires.

La possession de ces armes ainsi que la modernisation des systèmes et des doctrines d’utilisation nucléaire de plus en plus agressive ces dernières années ont contribué à stimuler la tendance à la prolifération – et une plus grande probabilité d’une guerre nucléaire.

Le traité de non-prolifération nucléaire (TNP) exige à la fois la non-prolifération et le désarmement, et doit être soutenu et renforcé – même si un processus concret pour atteindre ces objectifs essentiels lui fait encore défaut.

De plus, l’article IV pose de graves questions. Il garantit le droit à l’énergie nucléaire pacifique, mais oublie le lien inextricable qui existe entre l’énergie nucléaire et les technologies de l’armement et leurs coûts sur la santé et l’environnement.

Le lancement récent de l’Agence internationale des énergies renouvelables (Irena) permet d’espérer l’élimination progressive du nucléaire, en remplaçant la garantie de l’article IV.

Cela dit, le TNP continue à fournir le cadre pour avancer vers une nouvelle initiative décisive  : un calendrier pour l’élimination urgente des armes nucléaires exigée par la majorité des pays et des citoyens du monde.

La Conférence d’examen du TNP de mai 2010 fournit une précieuse occasion de prendre cette initiative. Il s’agit d’une opportunité qui ne doit être négligée sous aucun prétexte. Après les logiques de guerre de l’ère Bush, la présidence d’Obama dessine un nouveau contexte pour nos objectifs. L’engagement du président Obama – aux côtés du président russe, Medvedev, – pour l’abolition mondiale des armes nucléaires est très bien accueillie, et leurs premiers pas vers les réductions bilatérales et le soutien des traités limitant le développement des armes nucléaires sont positifs.

Cependant, l’objectif de l’abolition mondiale ne peut pas être reporté à un avenir indéterminé, car seul un processus défini, réalisable et un calendrier peuvent enrayer la prolifération qui nous menace tous.

À cette fin, pour assurer un avenir pour l’humanité et notre planète, pour aider à créer les conditions d’un monde de paix, de justice et d’une véritable sécurité humaine sérieuse, nous exhortons la conférence d’examen du TNP en 2010 à prendre un engagement sans équivoque pour entamer des négociations sur une convention pour un calendrier d’élimination de toutes les armes nucléaires – la convention sur les armes nucléaires.

Une telle mesure ne se fera pas sans l’encouragement actif de la société civile, donnant la parole à l’aspiration de la majorité mondiale pour un monde libéré de la peur de l’anéantissement nucléaire.

Nous exhortons tous ceux qui partagent cette vision à se joindre à nous dans les mobilisations pour la conférence internationale de paix à New York le 1er mai et la journée internationale d’action pour un monde sans armes nucléaires, à New York et dans le monde, le 2 mai, ainsi que pour la présentation des signatures de pétitions à l’Organisation des Nations unies.

Signataires :

- Abraham Béhar, président, Association des médecins français pour la prévention de la guerre nucléaire (France)  ;
- Reiner Braun, Association internationale des juristes contre l’arme nucléaire (Allemagne)  ;
- Jacqueline Cabasso, directrice exécutive, Western States Legal Foundation (USA)  ;
- Lisa Clark, Réseau italien pour le désarmement (Italie)  ;
- Daniel Fontaine, président de l’Association française des communes, départements et régions pour la paix (France)  ;
- Dr. Joseph Gerson, coordinateur désarmement, American Friends Service Committee (USA)  ;
- Regina Hagen, consultant désarmement, Réseau international de scientifiques (Allemagne)  ;
- Kate Hudson, présidente, Campaign for Nuclear Disarmament (Grande-Bretagne)  ;
- Dominique Lalanne, coprésident, Armes nucléaires STOP, Abolition 2000 Europe (France)  ;
- Samuel Legros, Coordination nationale d’actions pour la paix et la démocratie (Belgique)  ;
- John Loretz, directeur des programmes, Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (USA), coordinateur d’Ican (campagne internationale pour abolir l’arme nucléaire)  ;
- Kevin Martin, directeur exécutif, Peace Action (USA)  ;
- Hiroshi Taka, secrétaire général, conférence mondiale contre les bombes A et H / Gensuikyo (Japon)  ;
- Pierre Villard, coprésident, le Mouvement de la paix (France) – coordinateur Ican-France


Nucléaire. Vers une grande « campagne internationale »

Pierre Villard, coprésident du Mouvement de la paix, répond à nos questions.

Envoyé spécial de l’Humanité

(...)

Pour la première fois, une conférence alternative a été organisée à la veille du sommet officiel. Quel bilan en tirez-vous ?

Pierre Villard : La conférence alternative a confirmé les objectifs de mobilisation des opinions et d’élimination des armes nucléaires, mais elle n’a pas, en tant que telle, débouché sur un programme d’actions. La question de l’opinion publique se trouve confirmée comme la nécessité numéro un.

C’est ce que l’on retrouve dans les propos de Ban Ki-moon, de son numéro deux, Sergio Duarte, ou même de l’ambassadeur de France. Nous sommes manifestement en train d’engranger ce que nous avons semé depuis la grande mobilisation de 2003 contre la guerre en Irak. Nous n’avons, depuis, eu de cesse de travailler sur cette question de la mobilisation des opinions.

Ce qui marque cette conférence, c’est l’irruption de la lisibilité de cette stratégie qui porte ses fruits au moment justement où le contexte international s’avère plus favorable pour le désarmement.

Quelle suite doit y donner le mouvement pacifiste international ?

Pierre Villard : La prochaine étape, ce doit être la réussite de l’Ican, cette campagne lancée en 2007 pour l’abolition des armes nucléaires. Elle n’en est encore qu’à ses balbutiements. Elle fonctionne assez bien en Grande-Bretagne, en Suède, en France, en Australie. Elle doit encore être lancée aux États-Unis, en Espagne, en Italie.

Le 5 juin aura lieu la journée internationale, organisée par l’Ican, de mobilisation pour l’abolition. Nous l’avons volontairement placée une semaine après la fin de la conférence, histoire de dire qu’on n’attendra pas la prochaine pour se mobiliser…

Justement, qu’attendez-vous de cette conférence 2010 ?

Pierre Villard : J’attends la confirmation et la concrétisation d’avancées possibles, la confirmation par des actes de la bonne volonté affichée lors de la première semaine.

Et qu’attendez-vous de la France ?

Pierre Villard : Nous formulons deux attentes : l’annonce d’initiatives politiques pour avancer vers le désarmement et l’engagement dans la convention d’élimination des armes nucléaires proposée par les ONG. Nous en sommes encore loin mais la France peut poser un acte politique majeur, par exemple en annonçant le gel du programme du missile M51.

Entretien réalisé par CD - Article paru le 11 mai 201