ORDRE INFIRMIER : une loi au service de qui ?

mercredi 3 mars 2010
par  PCF Drôme

Dans le rapport d’information sur la mise en application de la loi pour la création d’un Ordre national des infirmiers, il est écrit : « Faire voter une loi n’est cependant évidemment pas une fin en soi : dans un État de droit, comment pourrait-on en effet accepter que la loi, qui n’est rien d’autre que l’expression de la volonté générale, puisse rester lettre morte ? » Cynisme ou autisme, force est, pourtant, de constater que l’on est bien loin d’une « volonté générale ». Cette loi a réalisé, contre elle, l’unité des organisations syndicales CGT, CFDT, FO, UNSA, SUD, CFTC, SNICS-FSU.

La participation de 13% des infirmiers-ères aux premières élections de l’Ordre confirme tout à la fois leur désaffection vis-à-vis de cette question et la justesse des positions adoptées par les syndicats. Cette situation a provoqué un petit malaise chez un certain nombre de députés UMP qui considère qu’ils se sont trompés.

En effet, l’Ordre n’apporte pas de réponse aux problèmes posés depuis trop longtemps par la profession : insuffisance de moyens, priorité à la rentabilité au détriment de la qualité de la prise en charge des malades, stress, souffrance au travail, travail jour/nuit, insuffisances des remplacements des arrêts-maladie… pas de reconnaissance professionnelle affectant de fait leur salaire et déroulement de carrière, absence de crèches…

Au contraire, en signant le Code de déontologie, il fragilise encore plus les professionnelles en dédouanant leurs employeurs de leur obligation de moyens vis-àvis d’elles.

L’instauration d’un tel Ordre constitue un élément d’attaque du service public pour réaliser sa privatisation. Il prépare dans le cadre du financement des actes codifiés (T2A) un bouleversement de l’organisation du travail infirmier auprès des patient-es et permet l’intervention des infirmier-ères libéraux dans les hôpitaux publics.

Au-delà de ces remises en cause, les Ordres posent le problème de leur véritable fondement. L’Ordre des médecins – le plus ancien – est soumis à des contestations par un certain nombre de médecins eux-mêmes. Constat est fait aussi que dans son histoire, il s’est trop souvent positionné à l’encontre des mesures permettant des progrès sociaux aux femmes notamment révélant ainsi leur caractère réactionnaire.

Cela pose le bien-fondé d’un Ordre basé sur une obéissance, une soumission de toute une profession qui se recroquevillerait sur ses intérêts corporatistes au détriment de la prise en charge des patient-e-s, des personnes âgées, etc.

Le Parti communiste français considère qu’il est urgent d’entendre les organisations syndicales qui portent les exigences des professionnel-le-s et demande le retrait de cette loi sur les Ordres. Des réponses doivent être apportées en urgence aux revendications de l’ensemble des hospitaliers (reconnaissance professionnelle, salaire, créations d’emploi, améliorations de conditions de travail, démocratie…).
La Santé constitue un enjeu humain où tous les citoyen-ne-s sont concerné-e-s. Il est indispensable d’intervenir ensemble, usagers, personnels de santé pour obtenir des moyens indispensables notamment pour l’hôpital public. Des initiatives pour la défense des services publics, qui vont intervenir dans les prochaines semaines, seront l’occasion d’exprimer ces urgences.

Article publié par Christiane Caro
dans le bulletin de la commission santé du PCF « A cœur ouvert »

Un manifeste de la désobéissance est en circulation et recueille des milliers de signatures
Lire le manifeste,
Soutenir les infirmier-e-s
http://www.contrordreinfirmier.org