Crise du secteur laitier

intervention de P Le Hyaric député européen
mercredi 4 novembre 2009
par  PCF Drôme

Monsieur le Président, Chers collègues,
Madame la Commissaire Fisher Boel,

Je suis obligé de vous dire, Madame la Commissaire, que les dispositions financières proposées ne sont qu’une petite goutte d’eau dans un océan de crise, et de désespérance.

D’abord, pourquoi n’annoncez-vous que 280 millions d’euros d’aides aujourd’hui, alors qu’il avait été question de 600 millions d’euros ? Vous répondez que vous êtes limité par le budget, que vous êtes tenue par la discipline financière. Mais comment expliquer alors qu’on a trouvé autant de milliards qu’on a voulu, pour venir en aide aux banques qui aujourd’hui regorgent de profits et qu’on laisse les petits et les moyens paysans dans la faillite.

Vous allez peut-être donner en une fois 600 à 1000 euros à des paysans qui perdent 100 à 200 euros par jour ! Nous demandons un vrai plan financier d’urgence, pas un sparadrap pour traiter un cancer.

Vous voulez utiliser de l’argent public, pour un vaste plan d’abattage de vaches laitières et de fermetures de fermes. Ainsi vous allez détruire l’avenir de nos agriculteurs car ce sont les jeunes qui seront les plus touchés, les plus petits agriculteurs, ceux qui valorisent les territoires, produisent des produits laitiers et de fromages de qualité, préservent l’environnement.

Comment oser proposer cela, quand tant de familles en Europe et ailleurs n’ont pas accès à l’alimentation, notamment au lait.

Demain avec votre plan on manquera de lait.

Enfin au moment même où la Commission, le Conseil, et d’autres nous expliquent que le Traité de Lisbonne va permettre la codécision, vous nous demandez avec l’article 186 du règlement de vous donner les pleins pouvoirs.

Or, ce sont les choix fondamentaux de votre commission qui sont responsables de la terrible crise actuelle avec la libéralisation des quotas et le refus de la mise en place d’un prix intra-communautaire de base qui ne profite qu’aux industriels et la distribution.
Même la Cour des comptes européennes montre que de 2000 à 2007 les prix à la consommation des produits laitiers ont augmenté de 17% pendant que les prix à la production diminuait de 6%.

Madame la Commissaire, il est urgent, très urgent, d’aider massivement le travail agricole par un grand fond européen d’urgence et de revenir à une politique de prix minima, et de ne pas laisser le marché capitaliste détruire nos agriculteurs, quand la famine étend ses terribles ravages dans le monde.

Patrick Le Hyaric, député européen du Front de Gauche,
Strasbourg 20/10/09