La situation des producteurs laitiers

samedi 20 juin 2009
par  Communication Pcf 26

Les producteurs laitiers vivent une situation de crise sans précédent. Cette situation est la conséquence directe de la loi de modernisation de l’économie (loi LME), votée en 2008 et à laquelle les députés communistes s’étaient frontalement opposés par la voix d’André Chassaigne.

Au prétexte de favoriser les consommateurs, cette loi de libéralisation a développé une concurrence effrénée en laissant les mains libres aux transformateurs et à la grande distribution.

Ces derniers ont effectué un chantage scandaleux avec les producteurs en fixant des niveaux de prix anormalement bas. De plus, en choisissant d’abandonner les outils de régulation et en acceptant une sortie sur 5 ans des quotas laitiers, les ministres européens ont amplifié cette situation dramatique pour les producteurs les plus vulnérables.

Cette situation est aussi catastrophique pour l’équilibre de nos territoires ruraux quand on sait le rôle décisif qu’y joue l’activité agricole.

Les producteurs de lait paient aujourd’hui ces choix politiques dévastateurs.

Dans ces conditions, il est parfaitement scandaleux de constater que ceux qui ont soutenus et votés ces lois, se présentent en défenseur de la profession, d’autant que le conseil des ministres européens de l’agriculture, le 25 mai dernier, a choisi de ne pas remettre en cause la libéralisation du secteur laitier.

De plus, la mission de médiation, mise en place le 19 mai, pour faciliter les discussions privées sur le prix du lait, n’a fait que réaffirmer la possibilité pour le Centre National Interprofessionnel de l’Economie Laitière de proposer un indice des prix.

Cette décision non contraignante laisse aux industriels une pleine liberté pour fixer des prix à leur guise dans le cadre de la contractualisation avec les producteurs Quand on sait que, dans le même temps, le prix de vente aux consommateurs a augmenté de près de 15% en deux ans, on voit bien que les « édiaires » s’enrichissent sans honte sur le dos des producteurs et des consommateurs.

Dans ces conditions, j’appelle le Gouvernement à plus de fermeté et d’exigences auprès de la Grande distribution. C‘est une condition obligatoire pour redonner du pouvoir d’achat aux producteurs et aux consommateurs .

François JACQUART Conseiller régional de l’Ardèche