Débat public sur la Gare TGV d’Allan

mardi 21 avril 2009
par  Communication Pcf 26

Des citoyens engagés ou pas ont réfléchi sur l’aménagement
du territoire dont l’opportunité d’une gare d’Allan
sur le secteur de Montélimar, lors d’une réunion publique
organisée par le PCF

En présence des conseillers régionaux Jean-Michel Bochaton
(Drôme) et François Jacquart (Ardèche, vice-président de la
commission transport) et de la conseillère municipale Annie
Mazet (Montélimar), la section du P.C.F de Montélimar
(secrétaire Robert Faresse) organisait une réunion-débat le 9
avril 2009 sur l’aménagement du transport ferroviaire au sud de
Montélimar et du projet d’une gare T.G.V dite « gare d’Allan ».

Une quarantaine de personnes a participé au débat, on notait la présence de responsables syndicaux CGT de la région, de militants de plusieurs associations et de citoyens intéressés par le débat de fond.

Robert Faresse évoque les grandes étapes de cette question
en rappelant ce qu’en furent les prémices et les questionnements
(débat relancé au début de 2009 notamment par l’hebdomadaire La
Tribune de Montélimar ).

Il ressort que, durant l’année 1994, alors que le tracé définitif de la ligne TGV est retenu, qu’une gare à Allan serait une opération complexe. Dans un premier temps la SNCF n’y est pas favorable, mais sous la pression de quelques responsables politiques, elle assouplit sa position, mais sans prendre aucun engagement financier. Dès 1994, il y des distributions de tracts par la section PCF contre ce projet.


Gare TGV d’Allan - Débat public
Vidéo envoyée par PCF-DROME


Les arguments avancés étaient et restent multiples :

il n’y a pas d’urgence ; la gare de Montélimar doit être aménagée (parking, accessibilité), le trafic régional (T.E.R) doit faire l’objet d’une étude plus précise et répondre aux exigences des populations.

La gare TGV de Valence (actuellement 2 millions de passagers/an) n’est pas saturée ; seul le parc automobile l’est (gestion par une entreprise privée). La présence de deux gares T.G.V dans le même département
semble surréaliste par rapport autres collectivités territoriales (50
Km sépareraient ces deux infrastructures).

Le coût de 150 millions d’Euros est avancé pour un tel projet (gare, parc, ramifications et liaisons ferroviaires vers rive droite, rive gauche du Rhône). Il serait pour l’essentiel à la charge des collectivités territoriales (régions ? départements ? la Sesame ? la ville de
Montélimar ?).

Chaque collectivité intéressée (et favorable au projet) par la question restant muette sur sa participation financière.

Enfin, la S.N.C.F et R.F.F n’ont pas prévu, dans leur projet initial, de gare à Allan, car craignant la réalisation d’une « gare betteraves ».

Seuls des responsables politiques locaux ( Cornillet, Reynier, Besson, Conseil Général de la Drôme) se sont emparés de la question et en ont fait leur « cheval de bataille », jouant sur la popularité d’une telle idée auprès des populations locales.

T. Cornillet développe aussitôt ce slogan : « nous avons les rails ; exigeons la gare ! » (sorte de « compensation » populiste aux mécontentements exprimés par le choix du tracé en vallée du Rhône ; cf. l’opposition de la « Coordination T.G.V).

Dernièrement, la venue du Ministre des Transports Bussereau, a fait la Une avec une déclaration tonitruante : « la gare d’Allan se fera ». Quand on sait que l’engagement pris par l’état n’est qu’une toute partie de financement de l’étude, on peut dire que cette promesse n’engage que ceux qui la croient.

L’intervention de François Jacquart, clarifie et recentre la question.

Les études en cours ne concernent pas la Gare d ‘Allan, mais
étudient la question de l’accessibilité des territoires « Drôme-sud et Ardèche -sud » à la ligne actuelle T.G.V. La localisation éventuelle d’une gare T.G.V à Allan est, pour la S.N.C.F, une hypothèse de travail comme une autre.

Rien ne permet de cibler précisément « Allan » plutôt que « Pierrelatte » ou encore « Bollène ». La S.N.C.F évoque une « possible rentabilité » du projet alors qu’au départ elle est opposée à la construction d’une gare à Allan malgré le projet de quatre arrêts quotidiens dans chaque sens.


Développement Sud Ardèche Drôme
Vidéo envoyée par PCF-DROME


C’est le lobbying politique local (Besson, Cornillet, Reynier) qui impose à la S.N.C.F de favoriser l’idée d’une gare T.G.V à Allan.

Les opposants à cette réalisation rappellent que sur le territoire « sud Drôme-Ardèche » l’essentiel est de prendre en compte : les besoins de déplacements d’une population ; le niveau d’accessibilité de cette population à une ligne « Grande Vitesse » ; la pertinence économique d’un « site multimodal » dans le sud du département ; la validité du rapport déplacements / meilleurs coûts pour une
population ;

Ces mêmes opposants rappellent que les dessertes T.E .R, la réhabilitation du trafic de la rive droite du Rhône, la revalorisation de l’accessibilité ferroviaire au sillon alpin sont des aspects fondamentaux de l’aménagement durable du transport public dans les deux départements Drôme-Ardèche.

Cette réflexion ne semble pas préoccuper les responsables politiques locaux qui ne pensent qu’en terme de « réélection et de faisabilité économique » du projet.

Par ailleurs, les opposants précisent que la S.N.C.F envisage de réévaluer les « cadencements » entre la gare de Montélimar et celle hypothétique d’Allan, ce qui signifie, en clair que si la gare d’Allan est construite, ce sont autant d’arrêts T.G.V en gare de Montélimar qui seront supprimés.

Cela implique la question des liaisons « Allan-Montélimar » ou « Allan- sud Drôme-Ardèche » que les thuriféraires de la gare d’Allan n’ont jamais abordés (liaison par route ? Donc émissions de polluants…) ! Les accords de Grenelle sur l’environnement seraient alors bafoués.

Enfin, le propos est orienté sur la question de la valorisation du foncier. Une gare à Allan ferait progresser les prix du foncier, donc constituerait une opération spéculative avant même d’être une affaire publique. Or, la revalorisation du trafic de la rive droite du Rhône et les jonctions rives gauche-rive droite sont d’un intérêt public autre que la seule revalorisation des 70 ha nécessaires à la réalisation d’une gare T.G.V à Allan.

L’intervention de J.M. Bochaton est incisive :

« Y en a marre d’entendre des discours politiques sur le thème « faut-il
une gare T.G.V à Allan » dit-il.

En fait, cette technique (focaliser le débat sur « la gare d’Allan ») est de nature à imposer à l’opinion une forme de « pensée unique » dans laquelle le seul intérêt individuel prévaut.

Tout le monde, à titre personnel, est favorable à une gare T.G.V proche de chez lui, même s’il ne l’utilise que quelques minutes par an ! Il n’y a aucune réflexion sur les questions d’aménagement du territoire.


Gare TGV d’Allan ou Dessertes TER ?
Vidéo envoyée par PCF-DROME


Financer un tel projet coûtera très cher aux collectivités locales (refus des
organismes départementaux, régionaux, nationaux…), sans que les questions d’intérêts collectifs soient abordées.

La gare T.G.V d’Allan serait-elle d’un intérêt vital pour l’ensemble de « la collectivité sud-Drôme-Ardèche » ?

Quid de l’aménagement de la rive droite du Rhône qui pour la S.N.C.F n’est pas rentable mais qui pour les populations locales est indispensable ?

Les populations du Teil, de Rochemaure devront se déplacer avec leur véhicule personnel. Quelles seraient alors les obligations pour R.F.F dans l’entretient et la modernisation des voies classiques rive droite-rive gauche (T.E.R) ?

A toutes ces questions les « politiques » ne répondent pas.

Par ailleurs, on sait que la région P.A.C.A n’est pas favorable à la marginalisation ou à l’abandon des voies et des gares sur site classique. Le débat est d’ailleurs vif en P.A.C.A entre des variantes de L.G.V (rase
campagne-centres-villes). Même réticence pour la région Languedoc-
Roussillon qui ne se résout pas à déclassifier ses gares en site traditionnel.

Finalement, est-il responsable de soutenir un tel projet pour favoriser
l’activité touristique (quel public ?) du sud-Drôme et du sud-Ardèche
(grotte Chauvet en 2013) sans se préoccuper des besoins de la population locale ?

Plusieurs idées sont avancées par le public (résumé) :

Ne pas oublier que le trafic fluvial sur le Rhône n’est pas saturé (+ 10% par an) ; la gare à Allan c’est la multiplication des déplacements routiers (pollutions) ; la gare d’Allan c’est une gestion privée du parking automobile (très coûteux) ; la gare d’Allan, c’est 37 hectares confisqués à l’agriculture, ce n’est pas tellement la logique du Grenelle de l’environnement.

Ce sera aussi, une augmentation des prix du foncier et du locatif comme on l’a vu dans d’autres régions du Sud de la France, livrées à la spéculation immobilière européenne.

Qu’en est-il de l’arbitrage de l’Etat et que penserait la DATAR si elle existait encore, face à ce projet de « déménagement du territoire » ? une gare à Allan ce pourrait être la confirmation du partenariat public-privé (P.P.P) et donc la recherche d’une rentabilité maximale pour les actionnaires ; en terme d’aménagement du territoire sud-Drôme, les « politiques » n’ont rien prévu s’agissant des liaisons entre rive droite et rive gauche du Rhône ou des relations avec le « pôle économique du Tricastin ».

« gare betteraves », expression qui désigne une gare en rase campagne et dont l’insuccès est patent de nos jours (l’exemple visé est celui de la gare du Creusot dont le projet était de réanimer la vieille région sidérurgique et minière par l’attrait de quelques 260 entreprises ; idée de pépinières d’entreprises, sorte de technopole.


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